INDE 2009 carnet de voyage ouest bengale, iles Andamans

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ARTICLE 1: CALCUTTA et LES SUNDARBANS partie ouest - Publié à 12:59, le 6/04/2009,
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FRANCOIS CLOUARD

Carnet de voyage: Calcutta, les Sundarbans et les iles Andamans.

du 1er janvier au 31 mars 2009




1er janvier 2009
Voilà, tu as quitté Paris Hier soir à 21h par un vol « Emirates », un long stop à Dubaï à déambuler entre le pub  Irlandais et l’immense galerie commerciale duty free. Embarquement à 12h40 ; première retrouvaille avec les Bengalis et leurs longues discutions animées, tous accrochés à leurs téléphones mobiles. Il te reste 5 ou 6 h de vol pour somnoler deux heures avant d’atterrir à Netaji Subhash Bose International Airport à 19h15 heure locale. Une fois les formalités douanières accomplies, changé un peu d’argent à un taux prohibitif,  tu prends un taxi prépayé pour éviter un marchandage où ton état de fatigue jouerai en la faveur du chauffeur.
La nuit est déjà bien installée, une température agréable de 22° et un taux d’humidité élevé te fait bien réaliser que tu es de nouveau en Inde. Une petite brume ajouté à une pollution non négligeable enveloppe la grande avenue qui mène au centre ville. Ton taxi jaune « Embassador » se faufile et slalome dans un trafic intense, en trois quart d’heure ton taxi, (d’un point de vue occidental), évite cinq ou six accidents.  Vu d’ici, la conduite est normale voire: excellente.



Quel plaisir d’arriver en Inde par la porte de l’Est.  Tu adores cette ville qui bouillonne d’énergie, les habitants sont descendus dans la rue pour palabrer et boire quelques derniers tchai (le thé à la cardamone) et profiter de la fraicheur. Voilà Rafi Hamed Kidway road.  Tu indiques au chauffeur les dernières centaines de mètres, il te dépose à Sudder Street le quartiers des voyageurs et des hôtels bon marché.  Le Moderne Lodge est toujours à sa place mais tous est full, pas de chambre pour ce soir…En face, le Paragon te fournis une chambre sur la terrasse pour 270 roupies (un peu plus que 5  euros!) Qui te convient parfaitement, avec une fenêtre, le luxe!, une petite peinture vert pistache avec pleins de messages de voyageurs écrits au marqueur et des dessins de fleurs (remember flower power)…
Dans la rue tu retrouves Gita et Mona les deux mendiantes qui n’ont pas changées en quatre ans, elles sont assez fines pour te demander des nouvelles, te souhaiter la bonne année sans chercher à te soutirer la moindre roupies, tu penses qu’elles te coinceront plus tard…
La rue est en travaux, ce n’est pas nouveau, mais ce qui change c’est que de belles bâtisses coloniales pleines de charme ont été abattues  pour laisser place à des immeubles en béton, dommage…
Un petit stop au Blue Sky Café pour avaler une  raita et un custard fruits, l’achat rituel de la bouteille d’eau minérale et direction la chambre pour écrire ces premières lignes. Ecrire est un bien grand mot tu ne te sent pas l’âme trop littéraire ce soir!!!



Vendredi 2 janvier
A l’aube tu entends les corneilles qui se battent pour nettoyer la rue et tu replonges dans un lourd sommeil.  Il est midi quand tu émerges, tu viens de dormir douze heures d’affilé, trop tard pour quitter cet hôtel bruyant, le check out était à 11h..Tu fais quand même un saut au Modern Lodge, il y a bien deux chambres de libres sur le toit, hier, le gardien de nuit t’a raconté n’importe quoi…Mais tu n’hésites pas une seconde et tant pis si  tu perds la nuit que tu as réglé pour passer au Modern lodge.  Cet hôtel devait être splendide dans les années cinquante,  mais maintenant l’aquarium et la grande réserve d’eau filtrée en laiton n’ont pas vu d’eau depuis des décennies, les lustres se sont définitivement éteints malgré tout  l’établissement conserve un certain charme.
Tu descends dans la rue, Ta Rue, tu te sens ici chez toi, tous les commerçants te reconnaissent et te saluent. Tu t’assoies sur le même banc qu’il y a quatre ans et sans dire un mot, le même garçon t’apportes ton thé dans un petit pot en argile ocre,  et là inévitablement ton voisin entame la conversation..
La température est idéale; 23° et le soleil ne plombe pas à cette saison. Tu pars pour un tour de quartier, devant le New Market une belle place à poussé avec des fontaines et deux ascenseurs pour descendre les voitures au parking du sous-sol, incroyable!. Tu t’arrêtes au Khalsa, le restaurant punjabi, au menu du jour mutton palak (mouton épinard), tu commandes au Sikh enturbanné et retrouve cette sensation agréable de manger avec tes doigts, tu touches, tu palpes avant de porter la nourriture à ta bouche.  Instantanément les épices et le piment font leurs effets et ton nez coule, tu éteints l’incendie avec un yaourt bien frais avant de repartir à l’assaut des trottoirs défoncés.
Tu fais quelques achats de vêtements adaptés au pays.  A la vue de tes sandales neuves le vendeur t’annonce des prix bien trop élevés et te revoilà à bargainer, l’exercice pour faire baisser les prix n’est pas simple et le vendeur comme tout Indien a du métier! Tu te lèves pour simuler un départ, on te rattrape et tu recommences la transaction pour t’entendre sur la moitié du prix du début, tu pars content, le vendeur l’est aussi car tu as quand même payé deux fois le prix Indien « You happy, me happy! ».
A 18h la nuit tropicale tombe sur Chowringhee Avenue (les champs Elysée de Calcutta), rose, orange, pourpre et mauve de plus en plus foncé. La température baisse de quelques degrés, tu passes une couverture sur tes épaules, les Indiens sont eux déjà bien emmitouflés avec une écharpe nouée sur la tête à la manière d’un œuf de pâques.
Tu retrouves ta chambre au moment du chant du muezzin et tu t’allonges sur ton dur matelas.  En janvier, pas besoin de faire tourner le fan.

Samedi 3 janvier
Ce matin tu te violentes un peu pour te lever. Tu dormirais bien encore une heure mais tu sais que Calcutta est une ville où il est préférable de se lever tôt, conseil valable surtout dans un mois quand le soleil commencera à cogner dès dix heures.
Ta tartine de beurre saupoudrée de sucre et ton thé avalé, tu te mets en route pour BBD Bagh le quartier des affaires afin de dénicher le West Bengal Tourism Office. Tu veux obtenir des renseignements fiables concernant ta première destination: l’île de Sagar où va se tenir une Méla (un grand rassemblement Hindou) à cents kilomètres de Calcutta.
Tu sais déjà qu’il y a des trains et bus pour y aller mais tu aimerais savoir s’il est possible de s’y rendre en descendant la Hooghly River (un bras du Gange) par ferry.
Les marchands de rue commencent à installer leur fouillis. Pour traverser les grandes avenues, la police a placé de longues cordes sensées arrêter les piétons, quand la corde est au sol la foule part à l’assaut de l’artère. Plus loin il n’y a plus de police pour réguler cette masse et tu mets ta vie en danger à chaque croisement. Des Bus « Bunker » furieux et hurlants te foncent droit dessus en accélérant. Ici tu sais que la priorité est au plus fort, le bus est incontestablement le roi de cette jungle suivi de près par les tramway qui arrivent en silence.  les taxis sont pas mal non plus mais ils réagissent prestement, les voitures particulières roulent plus sagement, les motos zigzagues et tous klaxonnent à tue tête même les piétons affolés te foncent dessus!
Tu fais marche arrière, tu repars, tu évites, tu repars en arrière pour faire 100 mètres tu en fais 400, enfin tu cours te réfugier sur le trottoir d’en face.
Au loin l’imposant Writers Building, à gauche la grande Poste Office coloniale. Tu fais trois fois le tour de la vaste place anglaise de BBD Bagh, tu repars dans les pièges de la circulation. Les Indiens ne comprennent pas ce que tu cherches où c’est toi qui ne comprend pas leur accent anglais. Enfin un vieux qui a connu le colonialisme t’accompagne gentiment devant le bureau recherché et tu t’aperçois que tu es passé trois fois devant sans le voir.
Tu accèdes au préposé de l’office avec une rapidité jamais vue dans l’administration indienne. Il t’explique avec un accent Bengali à couper au couteau ce que tu soupçonnais déjà: il n’y a pas de bateau qui part de Kolkata pour l’Ile de Sagar, ce sera donc un voyage en bus …dommage!
Maintenant c’est le même parcours du combattant qui t’attends pour le retour… vigilance et concentration!
Voilà comment passe une demi-journée en Inde: beaucoup d’énergie pour des résultats moyens mais sensations fortes garanties.
Tu profites des heures chaudes pour prendre une douche, bien sur il n’y a plus d’eau chaude depuis bien longtemps et c’est avec un seau métallique percé que tu t’asperge abondamment. Essayez, c’est très vivifiant même à Calcutta au mois de janvier.
Cet après-midi, tu rechausses tes sandales pour aller visiter une exposition de photographies dans le sud de ton quartier.
Ici, les rues sont étonnamment calmes, c’est vrai que la ville a fait d’énormes progrès pour désengorger certaines voies.
Mêmes problème qu’au matin pour trouver l’adresse; tu te rends au 10 Midleton row pour apprendre après moult tergiversations que c’est au 10 Midleton street, un kilomètre plus loin que se tient l’exposition (Les anglais ont brouillés les traces…).
La belle librairie, Carthcare Book,  tendance et chaleureuse accueille le photographe Thomas Patrick Kiernan légèrement influencé par Henri Cartier Bresson, de beaux clichés, un beau regard sur Calcutta seul, les tirages sont un peu moyen.
Au couchant, retour par Russel street bordée de grands banians poussiéreux, abritent des boutiques de meubles anciens poussiéreux eux aussi.
Encouragé par ta visite, tes premières vues au Rolleiflex.
Le soir sur le toit du Modern, rencontre avec Fernando, toubib Basque espagnol qui vient d’arriver pour travailler six mois à la Maison de Mère Térésa.

Dimanche 4 janvier.
Ce matin au tchai shop, tu retrouves Sona un gosse de la rue que tu as connus en 1992, il avait 9 ans avec un gros problème à la jambe. Tu l’avais aidé et nourri pendant deux mois. Il est maintenant marié et a une petite fille d’un an. Il habite dans les Sunderbans où il est rickshaw man (un taxi tricycle), son véhicule est en panne il est venu se faire trois sous à Calcutta. Tu parles des années passées avec son copain Mita, il t’apprend que Mita travaille à Jaipur dans le Rajasthan. Tu payes le petit déjeuner, tu te retourne et tu te retrouves face à …Mita ! Les mystères de l’Inde!, embrassades chaleureuses et rendez-vous prit pour manger ensemble au khalsa dans deux heures.
Tu avais prévus, comme tout Calcuttans le dimanche d’aller flâner sur le Maidan mais ces rencontres change ton programme.
Repas avec tes amis, Sona le musulman n’a pas beaucoup grandi et a une toute petite santé, ses yeux sont jaunes, hépatite? et depuis son accident de jeunesse sa main et sa jambe ne se sont pas arrangées. Quand a Mita l’hindou, c’est tout le contraire, il est devenu grand, fort et sur de lui on croirai un parrain de quartier. Il possède une voiture, une femme dont il veut divorcer car il a rencontré une espagnole qui fait du business avec l’Inde et qui a changé sa situation.
Que deviendront sa femme et ses trois enfants, ils resteront sans doute à la rue.
Suna ingurgite son mutton Kofta et reprend double dose, Mita te quitte rapidement pour aller jouer aux cartes.



Tu sorts avec Suna qui t’emmène acheter une moustiquaire pour le pays des marées. En chemin tu t’arrête pour observer un petit cirque de rue. Un père et sa petite fille organise un spectacle d’emprisonnement, la fillette est ligotée dans un filet, mise dans un panier couvert d’un tissus, après quelques incantations un spectateur est invité à palper le tissus qui parait vide, s’en suit un long baratin en bengali où il est question d’ossement, de sang enfin quelque chose d’assez sordide mais les Indiens sont mort de rire, le père plonge un couteau dans le panier et dévoile le corps débarrassé de ses liens, sanguinolent et transpercé à la gorge. Le père promet de la ressusciter moyennant finance, il arrive à récupérer une centaine de roupies, tu sorts un billet car tu as filmé toute la scène qui a durée une bonne demie heure.

Lundi 5 janvier

LES CHAI SHOP DE HARD FORT LANE
C’est une toute petite rue de deux mètres de large et a double sens. D’un coté les marchands de thé, de l’autre les bancs pour les consommateurs.
Tu peux boire un thé au lait sucré avec de la cardamone et du gingembre servi dans des petits pots en argile cuits au soleil, tu le fracasse quand il est vide.
En sirotant ton thé, c’est toute l’inde qui défile: les riches, les éclopés, les mendiants, les carrioles des rickshaws, les grosses ambassador, les hommes chargés comme des mulets, les troupeaux de chèvres, le marchand de journaux, les petits cireurs de chaussures, les vélos empilés de poulets, les motos qui pétaradent et il y a toujours un voisin à qui causer. Tu bois un thé et tu en payes dix.
Cet après-midi, tu files visiter une grosse librairie vers Park Street, au passage tu entres sous le porche de Park Mansion, cette imposante bâtisse coloniale s’est refait une jeunesse, la façade à été ravalée, par contre, la cour intérieure est toujours aussi délabrée. Tu sais qu’un architecte de Calcutta se bat pour protéger ces grands ouvrages de l’époque du Raj Britannique, il organise des visites surement intéressantes, tu ne manqueras pas de te renseigner.
La librairie est toujours à sa place, au rayon des guides tu cherche une carte des Sundarbans, tu te rabats sur une carte du Bengale où l’on peux voir plus de détails que dans ton guide. Tu remarques que le domaine des beaux livres se développe, les ouvrages photographiques sur l’Inde sont plus nombreux qu’avant mais toujours très peu de livres sur Calcutta ville pourtant très photogénique.
Tu reprends Russel Street, à cette heure la lumière est belle, tu fais quelques photos. Tu allais repartir quand deux policiers t’aborde, te demande de les suivre et t’annonce que tu photographies une zone interdite. Effectivement, un immeuble officiel de la Grande-Bretagne était sur ta droite!. L’un d’eux veut que tu lui montre et détruise la photo, tu tentes de lui expliquer que c’est un appareil argentique, tu lui montres le viseur, tu photographiais juste un arbre et la rue, l‘immeuble était hors champ. Il demande l’ouverture du rolleiflex, devant ton incrédulité l’autre policier plus conciliant explique à son collègue que c’est une « antique camera » et tu t’en tire en laissant ton nom, ton adresse et la mention: Rolleiflex, antique camera. Ce n’est pas la première fois qu’on te pose ce problème mais avec les événements liés aux attentats de Bombay ta pellicule aurait pu voir le jour prématurément.
A l’heure du thé, au Tchai shop, un Bengali bavard te tient la jambe pendant une demi-heure, te donnes une petite leçon d’anglais sur les problèmes économiques que rencontre l’Europe et l’expatriation des firmes Françaises en Chine et en Europe de l’Est. Il t’explique avec une aisance déconcertante que c’est une sélection naturelle :  des produits pas chers pour les pauvres et d’autres de luxes pour les riches. Pour t’en débarrasser: tu lui pose des questions: son travail, sa famille ? Du coup  il te laisse en paix…
Tu finis ta journée devant le plat traditionnel Indien: le thali. On te sert un grand plateau en inox, au milieu une montagne de riz blanc, autour: cinq petites coupelles garnies de légumes cuisinés dans différentes sauces épicées, quelques achards qui mettent le feu, une crêpe rigide et trois chappattis (des galettes de blé), tu accompagne tout ceci avec un grand verre de lassi. En fin de repas tu discutes avec un voisin de table, un couple de type asiatique avec deux fillettes et un bébé. Il t’apprend qu’il est d’origine du Manipur, un état du nord-est de l’Inde, derrière le Bangladesh. Il te demande ton métier et ce qui t’intéresses en Inde, tu lui parle de ta passion pour la culture Indienne et de ses nombreuses religions.
Il t’apprend que son grand-père vivait dans une tribu guerrière et possédait une collection de têtes humaines gagnées au combat. L’état de Manipur a été christianisé et il a reçu une éducation moderne qui lui permit d’échapper à l’alcoolisme et à la drogue il s’en est sorti et vit maintenant à Washington. Il est venu passer les fêtes de fin d’année avec sa famille et profite du voyage pour visiter Calcutta. Il t’invite cordialement à visiter l’Inde du nord-est, tu y songes déjà depuis quelques temps, il faut des permis spéciaux et l’instabilité de ces régions te font remettre ce voyage à plus tard, certains états demandent leur autonomie, d’autres sont sous l’emprise des maoïstes et celles frontalières avec le Bangladesh sont-elles aussi instables.

Mardi 6 janvier.
Comme tous les matins, tu ouvres l’œil vers cinq heure réveillé par le chant du muezzin, après cela ton sommeil devient très léger, bercé par le croassement incessant des corneilles qui ramassent les détritus de la rue. Plus tard tu entends l’appel des premiers marchands; le cardeur de matelas avec le son particulier de son outil de travail qui ressemble à un arc avec son bruit de ressort sbloing sbloing sbloing, le vendeur de lait, le vendeur d’Iggly ( une sorte de semoule que les Indiens mangent au petit déjeuner) et son cri: iiiiiiiiiiiiiigly… iiiiiiiiiiiiigly!.
Vers huit heure les travaux se mettent en route: tronçonneuse, coups de marteau, sciage etc.

En fin de matinée tu discutes avec un jeune couple français sympathique, Ils sont entrain de faire un tour du monde. Leur premier pays visité est l’Inde du nord qu‘ils ont parcouru en deux mois, ils se promettent d‘y revenir. Ils partent ce soir pour la Thaïlande et l’Asie du Sud-est, après l’Australie ils feront l’Amérique du sud, une année avec leurs sacs à dos, cela laisse rêveur!
Ils ont été très surpris par l’Inde, en avaient une idée plutôt « zen » et ils ont rencontré un peuple quelquefois dur, excité et bruyant. La fille trouvait beaucoup de similitude dans les pratiques religieuses avec le catholicisme. Elle a tout à fait raison; le culte de l’eau, du Gange et le baptême, le partage des prasads et la communion, les lampes à huile et les cierges, les chants védiques et les cantiques, la Trimurti et la trinité (Shiva, Parvati et Ganesh) et les Indiens ne disent-ils pas que le Christ pendant sa disparition dans le désert serait venu apprendre les enseignements des Brahmanes? Ils disent aussi qu’après sa résurrection il serait venu au Cachemire et serait mort et enterré à Srinagar.

L’après midi tu t’installes sur un sac de sable en face de la statue de Rabindranath Tagore pour faire une aquarelle d’un coin de ta rue; Sudder street, des jeunes filles passent, te complimente et tu t’appliques. Voilà aussi Sona, tu lui donnes cents roupies pour qu’il puisse rentrer soigner sa petite fille, tu lui donne rendez-vous le 20 janvier chez lui dans les Sundarbans.
Un homme passe avec sur sa tête un tas de feuilles vertes et fraîches. Un troupeau de chèvres ( toujours surprenant quand on pense que Sudder street est comme une rue à deux pas des Champs Elysée).Il y a aussi les tout petits de la rue qui te tiennent compagnie car tu es assis sur leur terrain de jeux.


La nuit tombe et tu te souviens que tu n’as toujours pas fait ta réservation d’hôtel sur l’île de Sagar. Tu parts à l’assaut des trottoirs pour Park street, évidement le n° 74 est à l’autre bout de la longue rue. A cette heure le trafic est intense et la pollution te pique les yeux. Tu croises trois petits singes attachés par des chaînes à un rideau métallique d’un magasin. Enfin le numéro soixante quatorze, un homme en uniforme garde la porte, tu cherches Larica Sagar Vihar, l’homme te fait signe que non il n’y a rien qui puisse t’intéresser. Tu lui montre une plaque sur laquelle est inscrit ce que tu cherches, on appelle quelqu’un qui parle anglais qui t’explique que cet établissement a changé d’adresse, il t’écrit l’endroit où tu peux te renseigner: près de BBD Bagh block C, à coté de l’office de tourisme!    Là où tu te trouvais samedi dernier! Tout à refaire!, le West Bengale Tourism Office ne fait pas tout à fait son travail.
Le soir tu attends tes amis français qui atterrissent aujourd’hui, tu leur a réservé une chambre sur le toit du Modern Lodge, à 21H30 toujours pas de nouvelles, ils ont du se perdre en route… de toute façon ils connaissent bien l’Inde, il n’y a pas à s’en faire.
Plus tard tu bois du whisky en compagnie d’un couple de polonais et de ton nouvel ami Fernando le médecin fils d’ambassadeur. Il y a aussi un italien, un couple espagnol, un canadien, Fernando y perd son latin!
Il te propose de venir avec lui demain faire des dessins au dispensaire de Mère Theresa où il travaille.

Mercredi 7 janvier
Réveillé à 4 heures au milieu d’un rêve inachevé tu repense à cette journée et à tout ce que tu n’as pas écris: tu revois Fernando pauvre et triste colosse qui pleurait parce qu’il vient de perdre sa mère, déjà sa présence en Inde est liée à la mort de sa femme il y a deux mois. Il voulait mettre fin à ses jours mais son épouse lui est apparu en rêve: il devait venir ici s’occuper des pauvres.
Hier, tu as appris aussi la mort de Badal un gosse de la rue avec qui tu t’était attaché en 1990, tu sais qu’ici à Calcutta la déesse de la mort Kali la noire règne de toute sa puissance, le nom même de Calcutta prend ses origines de la grande déesse: Kalikata. La vie , la mort est un eternel recommencement régi par Shiva le maître du temps.

Après ton passage au tchai shop, via Internet tu apprends qu’en France la météo n’est pas au beau fixe, que des vols ont été retardés, cela explique pourquoi tes amis ne sont toujours pas arrivés.
A 13h30 tu retrouve Papi Fernando pour aller à Sealdah au dispensaire de Mère Térésa. Les consultations commencent à 15h, aidé par Alicia une jeune Suisse voyageuse en attente d’aller aux îles Andamans pour vivre une « jungle life » elle passe quelques temps à Calcutta comme volontaire.
Les blessés arrivent, Fernando n’a même pas de chlorure de sodium pour nettoyer les plaies, il envoie un Indien en acheter à la pharmacie du coin, pourtant à la maison mère ils ont un stock important de médicaments mais ils restent là entassés dans des réserves, il n’y a pas de médecin pour les administrer!
Tu fais cinq dessins et quelques photo pendant que Papi Fernando opère, quand il a fini de s’occuper d’un patient, il l’embrasse comme pour se faire pardonner de l’avoir fait souffrir.
En fin d’après midi il a soigné quelques vingt cinq personnes avec des plaies infectées, il tombe de fatigue car il n’a pas beaucoup dormi la nuit dernière.
Nous passons la soirée ensemble avec le couple polonais, nous mangeons des Momo Tibétains et buvons de la bière. Jérôme sort son violon, Fernando sa guitare, tu vas chercher ta flute et un concert s’improvise sur le toit du Modern Lodge. Nous jouons du flamenco, plus tard Jérôme t’emmène dans un beau Raga qui commence très calmement, dure, monte, s’intensifie et accélère pour finir sur une note de plénitude.  Fernando pleure, l’assistance t’a elle aussi porté.





Jeudi 8 janvier
Aujourd’hui tu accompagnes tes amis français à BBD Bagh et à Fairlie place pour qu’il fassent  leur réservation du voyage en train à Bénarès après la Sagar Méla.
Tentés par une gargote de rue vous vous asseyez pour déguster du poisson cuisiné à la Bengalie; riz, petits légumes en sauce, tout ce qu’il faut pour remplir l’estomac et marcher.
Le Gange, ici à Calcutta la Hoogly river est à deux pas. Une luminosité exceptionnelle vous accueille sur les rives du large fleuve. En descendant la rivière vous arrivez à Babhu Ghat prés de l’embarcadère des ferrys pour Howrah.
Vous discutez avec deux brahmanes surpris de savoir que vous avez fait le pèlerinage aux source du Gange, à Gaumuck.
Plus tard vous sautez dans un taxi pour aller visiter un des endroits que tu préfère à Calcutta: Adi Ganga Bachao ghat.
Prés du Kali temple un petit canal fangeux baigne les escaliers de Kalighat. Trois barques misent bout à bout permettent de traverser ces eaux assimilées au Gange donc sacrées.
L’endroit est calme, loin des rues, de la circulation et des klaxons. Cinq Déesses jaunes safran bariolées de sindhur (de la poudre rouge) siègent assises avec, devant elles sur les genoux, le Dieu Shiva allongé.
Un homme se baigne, les pèlerins jettent dans l’eau des pièces d’une roupie que les enfants tentent de repêcher avec des lignes auxquelles sont attaché un gros aimant.
Au soleil baissant tu entames une aquarelle ce qui attire infailliblement un groupe de spectateurs mais c’est un vrai bonheur de s’asseoir et de peindre avec des moyens simples, assis sur une marche, chose que tu ne fais qu’ici en Inde.




Retour en métro, Calcutta a été la première ville du pays à s’équiper d’un métro. Il n’y a qu’une seule ligne du nord au sud de la ville mais elle est bien pratique pour éviter certaines longues marches parce qu’ il est hors de question pour nous Européens de sauter dans les bus en marche, en effet, ils ne s’arrêtent jamais!
Pour le diner vous achetez du poulet tandori et des légumes.  Sur le toit la nouvelle du concert d’hier soir a fait le tour du quartier et une petite dizaine de personnes attendent la prestation…

Vendredi 9
Pour la première fois tu t’es endormi avant trois ou quatre heures du matin, ça y est le décalage horaire se stabilise, on dit qu’il faut autant de jours que d’heures de décalage et tu veux bien le croire…
Ce matin vous partez visiter le quartier de Kumartuli, un village dans la ville où les artisans sculpteurs fabriquent les statues de Dieux destinées aux fêtes religieuses et aux temples.



Pour y aller tu choisis de prendre le Ferry Boat; de Bhabhu Gath il faut rejoindre Haowrah, changer de bateau pour Bag Bazar.
A cette heure la lumière et toujours aussi belle sur le Gange, le courant s’est inversé et remonte vers le Nord. Calcutta est à 50 kilomètres de la mer et subit les marées, aujourd’hui assez forte scar nous sommes à deux jours de la pleine lune et le marnage est d’environ deux à trois mètres.
Des pirogues de pêcheurs remontent leurs filets, une petite brise rend la traversée agréable; Le quartier de Kumartuli est à cinq minutes du débarcadère, les rues sont toutes petites et des milliers de statues en paille recouvertes de glaise sèchent à l’ombre des ateliers avant d’être passées au plâtre liquide et d’être peintes de couleurs vives. La population est très accueillante et se prête volontiers à la photographie. Retour en ferry par le même chemin avec cette fois le courant favorable.
Tu as rendez-vous sur le toit de l’hôtel à 16h avec Lydia, elle t’as demandé , pour les enfants dont elle fait la classe, d’illustrer une série de postures pour expliquer l’hygiène quand ils vont aux toilettes: demander lorsqu’ils ont a des envies, baisser sa culote, s’accroupir au dessus des WC à la Turc, se laver les fesses avec la main gauche, se laver les mains au savon et pour finir jeter un grand seau d’eau dans le trou.
Vers 20h30 tu pars avec Marie Christine et Jérôme pour aller écouter un concert de musique classique Indienne au Rabindranath Sadan Hall à deux stations de métro d’ici. Avant de trouver la salle vous entrez voir une exposition d’un photographe Indien, Les images en couleurs elles sont prisent sur le site de Hampi dans le sud de l’Inde.
Le concert est déjà commencé, vous ratez la première partie mais les trois morceaux qui suivent sont magnifiques. Un homme assez âgé chante remarquablement, ses bras et mains sont sans cesse en mouvement. Il est accompagné par deux Tampuras, un tabliste et un harmonium. Pendant qu’ils jouent tu as le temps de faire un dessin.



Le concert se termine tôt, le public lève le doigt pour féliciter les musiciens ou pour demander un rappel.
Retour par un des derniers métro, il s’arrête à 21h45 et dans la rue un dernier stop au Khalsa pour diner d’un plat de Dal (des lentilles) accompagnées d’une Nan (une grande galette de blé) et d’une Mix Raita (des concombres dans un yaourt). Le toit du Modern Lodge est calme tout le monde est couché.  Ce soir, pas de concert sur le toit.

Samedi 10
Journée sans bouger du quartier à faire de la maintenance; lessive, mise à jour du blog sur Internet, banque et sieste.
En fin de soirée tu repars avec Marie-Christine et Jérôme au Rabindranath Sadan Hall pour assister à deux concerts: un joueur de Sarangi très impressionnant accompagné d’un tabliste lui aussi surprenant, puis plus soft: un chanteur âgé accompagné d’une femme jouant de l’harmonium et d’un autre tabliste.
Diner au Zurich; lassi, crevettes Manchourian et chappattis. Fin de soirée en compagnie de Lydia et Mikha les polonais, vraiment très gentil couple et de Fernando le toubib basque.

Dimanche 11
Aujourd’hui tu prépares ton départ pour Sagar Island et Les Sundarbans. Pour la suite tu envisages d’aller passer trois semaines aux îles Andamans situées à trois jours de bateau de Calcutta. A part les activités de plages, il n’y a pas grand-chose à faire mais il parait que les paysages sont magnifiques;: sable blanc et cocotiers. On t’a déjà parlé de ce lieu il y à quinze ans et il est peut-être temps d’y aller avant que ce soit trop touristique. Certaines îles de l’archipel sont interdites et les tribus protégées.
Pour l’instant tu te renseignes sur le prix d’un taxi pour Kakdwip et Hartwood Point l‘embarcadère pour Sagar. A quatre personnes c’est peut-être envisageable. Le premier taxi t’annonce deux milles roupies, le second t’affirme que seul une jeep privé peux faire ce parcours et te propose le voyage à quatre milles roupies, par bus cela ne doit pas couter plus de soixante roupies.

Lundi 12:
         LA GANGA SAGAR MELA
A 10h vous négociez un taxi pour vous rendre à Kakdwip / Hardwood Point à 105 kms de Kolkata. Tu quittes la ville pour une plongée dans l’Inde rurale, la campagne du Bengale est généreuse et verdoyante, de l’eau à profusion, des bananiers et des rizières verts lumineux.
A 13 h votre taxi vous lâche à quatre kms de l’embarcadère pour l’île de Sagar. Un km à pied avec les bagages, un km sur un Rickshaw Van (un tricycle à plateau) et les deux derniers km dans la foule de pèlerins qui commencent à arriver.
L’embarquement se fait sans trop de panique à bord des ferrys de Calcutta réquisitionnés et descendus ici pour l’occasion. A bord les groupes chantent, jettent des offrandes au fleuve, au loin l’île de Sagar se dessine.
Après avoir débarqués vous marchez encore au son des haut-parleurs qui diffusent de la musique et des annonces en Bengali. Sur tous les visages; la joie et le sourire.  Pas d’occidentaux et un accueil chaleureux des Indiens; on vous parle en Bengali, on vous félicite de partager ce moment avec eux.
Les pèlerins s’entassent dans des bus pour faire les vingt cinq derniers kms à travers un beau paysage avec des petites fermes abritées d’arbres avec devant chacune un petit étang poissonneux.
A deux jours du bain sacré le lieu de la Méla est déjà bien peuplé et il va être difficile de trouver un hébergement. L’hôtel que tu as réservé par Internet est bien sur réquisitionné par les hauts gradés de l’armée, l’auberge de jeunesse elle aussi. La plupart des pèlerins vont dormir sur la plage dans des tentes de fortunes formées de plastiques et de bout de chiffon ou bien dans les grandes tentes installées par les ashrams, les sectes, associations ou groupes religieux.
C ‘est dans l’un d’eux, chez « Shree Dadish Papishad » au Anand Ashram que vous trouvez un espace de quatre « murs » en bâche avec au sol un matelas de jute enfermant de la paille, on vous offre un badge avec le numéro de chambre et un ticket repas en échange d’une caution de cent roupies (deux euros).
Assis à une table derrière une assiette de feuilles d’arbre tressées les bénévoles s’empressent de vous gaver et vous vous levez remplis comme des outres. Ici les bagages sont en sureté, la surveillance est bien faite, vos hôtes sont d’une gentillesse extrême et s’inquiètent en permanence que vous ne manquiez de rien.
Pour rejoindre le bord de mer juste avant la nuit il faut marcher encore deux kms dans une foule qui grossit d’heure en heure. Dans une lumière douce et irréelle du à une légère brume, quelques pèlerins se baignent, d’autres font l’Aartie, la prière du soir en allumant des petites lampes à huile.
A 19h vous êtes installés dans votre petit nid, il n’y a pas d’interrupteur pour éteindre le néon et les haut-parleurs continuent d’hurler des textes religieux.



Mardi 13
Les haut-parleurs se sont tus  vers une heure du matin, le groupe électrogène et le néon comme prévu ne se sont pas arrêtés. Tu as dormi par intermittence, au petit jour  le diésel s’est tu pour laisser place au silence pendant un quart d’heure, les discutions Indiennes on repris dans la chambre d’à coté et la musique amplifiée à la limite de la saturation a repris. Tu fais une toilette de chat car l’eau coule des réservoirs à tout petit filet.
Vous reprenez votre pèlerinage dans la foule, les allées menant à la mer commencent à saturer, la fourmilière se déplace le sourire accroché aux oreilles, l’Indien adore la foule! Une forte émotions te submerge en te baignant dans cette multitude d’humbles gens. Sur les cotés les estropiés ont été déposés par camions entier et mendient en gémissant.
Près du temple de Kapilmuni un labyrinthe de bambous et un service d’ordre gère la longue file de dévots, le petit temple est très coloré de teintes vives et acidulées, tu fais une aquarelle.



Vous repartez vers la mer, un stop au chai shop pour déjeuner. La mer est haute à cette heure, les pèlerins s’aspergent et s’immergent trois fois ensuite ils font sécher leurs saris au vent tiède. Tu dessines des croquis rapides et tu photographies à tour de bras.
Les groupes de Sadhus se croisent, se saluent, plantent leurs tridents dans le sable, chantent mais se cachent pour fumer la Ganja.  ils se laissent photographier.
Toujours pas d’occidentaux si ce n’est les deux espagnols croisé en arrivant et un couple de photographe Allemand bardés d‘appareils lourds et de zooms indiscrets, tu te sens mieux avec ton vieux Rolleiflex et sa visée prosternée. Tu grilles quelques rouleaux de pellicules, à chaque fois que tu te retournes tu pourrais déclencher!
Vous reprenez l’allée à double sens; des villages entiers débarquent la tête chargée de leurs bagages tu croises même des Rajpoutes qui viennent de l’ouest de l’Inde, mais tu sais que ce sont des grands voyageurs.
Retour à l’Ashram Ananda, on vous offres de nouveau un repas et il faut se battre pour manger raisonnablement si vous voulez marcher cet après-midi. On vous invites à passer dans la tente temple où se livre une cérémonie et où trois musiciens jouent et chantent l’épopée du Ramanyana, les vieux chantent les refrains tu fais un dessins et quitte ce concert qui peux durer plusieurs heures.
A la tente/chambre tes compagnons sombrent  dans la sieste malgré  le vacarme ambiant. Tu en profite pour trouver un seau que tu remplis d’eau d’une mare, avec ses cinq litres tu te laves er rinces entièrement avec bonheur.
Tu pars avec Corinne vers le village pour tenter de trouver un peu de calme car autour de ton hébergement il y a six ou sept autres Ashrams dont Iskons de la secte des Krishnas qui rivalisent tous en Watts pour attirer le client.
Depuis le début de l’après-midi le Sangam (la zone de Mela) se remplie continuellement, c’est tout le Bengale rural qui arrive, beaucoup de vieux, le corps élancé, sec et musclé. Dans le village il y a certes beaucoup de pèlerins mais les petites fermes entourées de palmiers verts reposent l’œil. Vous débouchez par l’extrémité sud-est de la plage et ton regard fait un panoramique sur le paysage: toute la barbette de l’eau, sur deux kms, est noire de monde.
Ici les haut-parleurs sont loin et tu te retrouves apaisé avec le soir qui approche. En te dirigeant vers le centre du Sangam tu t’aperçois que les pèlerins s’installent pour dormir à la belle étoile sur le sable sec. Avec la nuit mauve qui arrive les petites lampes de la Ganga Aartie s’allument ça et là. Les groupes continuent d’affluer pour ce préparer au grand bain sacré qui officiellement débute demain de quatre à seize heure au moment précis où le soleil entre en capricorne.
Par miracle tu retrouves tes amis français, tu fais une bonne série de clichés jusqu’à la nuit où il reste un peu de lumière sur les baigneurs en contre jour de la mer. Vous remontez ensemble la marée humaine qui déferle encore, il faut une bonne heure pour remonter. A l’Ashram un dévot de Shiva chante en permanence accompagné par des cymbale et tu maudis le progrès de l’amplification.
En entrant dans ta chambre  tu constates que quelques bagages sont venus occuper un peu de surface et un des joyeux organisateur bénévole t’apprend que cette chambre est prévue pour sept personnes, dans ces neuf mètres carrés il ne fera pas froid cette nuit… c’est la Mela! Manque de chance un couple obèse fait irruption dans la pièce, pas de bonjour, ils n’ont pas l’air d’apprécier le partage avec des occidentaux de caste inconnue, la septième personne est une femme  aimable et cultivée parlant bien l’anglais. La chambre est complète, enfin, espérons le, il n’est que 20h, il pourrait bien en venir d’autres, tu te méfies des notions de place à l’indienne par exemple: un compartiment de train à huit places peux contenir une vingtaines de personnes.
Tu vas faire une petite visite au staff des cuisiniers de l’ashram, aujourd’hui ils ont préparés trois cents repas.  En ce moment c’est le rush: les légumes, les sauces et les puris (galettes) cuisent dans des grands chaudrons, l’ambiance est sympathique, tu te retrouves à faire des photos de tous, ils sont fiers et contents de poser.
Au moment de se coucher la sono continue d‘hurler le Ramayana et cela va durer toute la nuit sur un fond de générateurs diesel
Au matin tu n‘as pas l‘impression d‘avoir dormi pourtant tu a rêvé, donc tu as réussi à t‘assoupir…



Mercredi 14.
Aujourd’hui c’est le grand jour, vers sept heures tu sorts de ta tente, le chemin est déjà noir de monde. Hier, tu parlais de marée humaine mais ce matin  tu cherches tes mots, personne ne peux imaginer l’ampleur de cette masse, cet océan.
L’impression que toute l’inde est en marche pour ce grand rendez-vous avec le soleil et le Gange.
Il vous faut bien une heure et demi pour rejoindre la mer. En haut de la plage tu n’en crois pas tes yeux: le sable a disparu pour laisser place à une fourmilière. Tu dessines, tu photographies, tu pourrais déclencher sans arrêt tant le sujet est riche, la ferveur est énorme.
Peux-tu décrire ce que tu vois, existe-t-il des mots pour exprimer ce que tu vis ?   Tu tournes sur 380 degrés, tu es au milieu de la plus grande salle de bain de l’Univers.
En vous écartant vers le sud-est de la plage, vous trouvez une voie un peu moins peuplé qui vous permet de remonter doucement vers l’ashram.
A midi il est temps pour toi et Corinne de quitter le sangam. Le bruit incessant vous font saturer, tu n’as pas envie de rester plus longtemps, tu aspires à un peu de calme et tu refuses de passer une nuit de plus dans ce vacarme concentrationel.
Marie-Christine et Jerôme vont rester jusqu’à demain matin pour repartir sur Calcutta et poursuivre leur voyage vers Bénarès, Rishikesh, Delhi et Pushkar. Les adieux sont rapides, tu remercies pour l’accueil que tu as reçu en faisant une donation à l’Ashram Ananda.
Un sac sur le dos, l’autre sur le ventre plus petit mais pas moins lourd car tu y mets tout le matériel de photo et  de dessin et les choses précieuses.  Te voilà reparti. Ce n’est peut-être pas le bon moment, il aurait surement mieux valu attendre une journée ou deux après le départ des pèlerins mais la décision est prise de rejoindre Namkhana premier village des Sundarbans.
Tu grimpes dans un bus bondé, et quand tu dis bondé, c’est bondé à l’Indienne, c’est-à-dire que tu fais les douze kilomètres qui te sépare de l’embarcadère accroché au marche pied du bus, qui une fois passé l’embouteillage du site de la mêla, roule à tombeau ouvert. Dans chaque virages une masse de cent personnes pèse de tout son poids pour t’éjecter, tu t’accroches à en avoir des crampes à la rambarde de la portes ouverte.
A Treize heure tu penses que tu t’en es bien sorti, erreur car ici commence ton véritable calvaire: la plus grande queue que tu n’ais jamais connue. Pour faire à pied le dernier kilomètre qui te sépare des ferrys il va te falloir quatre heures de piétinement, comprimé comme dans une boite de sardines… Indienne. La masse progresse de cinq mètres tout les quarts d’heure. Tes sacs pèsent de plus en plus lourds, les indiens indisciplinés se bousculent, s’appuient sur ton sac à dos comme à un comptoir, une grosse Indienne se soutient sur toi , si tu recules elle tombe. Chaque progression est à la limite de la panique, heureusement tous les cents mètres la sécurité aidée par l’armée impose un barrage pour gérer la masse et éviter que des centaines de pèlerins se retrouvent à l’eau au bout du ponton.
Tu plains les enfants et surtout les vieux en surnombre. Enfin tu arrives à la dernière barrière, ca devient réellement dangereux, l’embarquement repousse encore les limites de la panique.



Une fois installé à bord tu respires, c’est gagné mais quel effort. On ne t’y reprendra plus de participer à une grosse mêla, c’est bien de connaître ca dans sa vie mais c’est bon pour les Indiens. Tu voulais la faire pour connaître les deux extrémités du Gange, te voilà satisfait!
La traversée est beaucoup plus longue qu’à l’aller. Le ferry s’engage dans un long chenal bordé de vase puis pénètre dans le large estuaire. Le courant traversier doit bien atteindre cinq ou six nœuds et c’est avec la nuit que tu débarques à Namkhana. La petite ville vit elle aussi au rythme de la mêla, de nombreux stands de marchands de foire jalonnent la rue principale. On t’indique un hôtel à dix minutes à pied, il a l’air charmant mais hélas réquisitionné lui aussi. Sur les conseil du jeune réceptionniste qui t’envoie vers trois autres guest houses.  Tu prend un rickshaw van, ici, un tricycle à plateau.
Le second hôtel est lui aussi complet, ça se complique un peu vu l’heure, cette fois devant ton embarras le jeune te propose de t’aider à trouver un gite. A trois pas l’hôtel Eureka te proposes sa soit disant seule chambre de libre mais à un tarif digne de Bombay: 600 roupies… tu n’as pas le choix ni le courage de repartir à la recherche d’un hypothétique chambre. Les formalité sont sommaires, ton jeune guide te demande cinquante roupies pour le service mais comme tu soupçonnes, connaissant les indiens, qu’il s’est fait une part du gâteau il accepte les vingt que tu lui tend.
Tu installes ta moustiquaire car apparemment, ici, ils sont plutôt balaizes, en plus tu branches une prise à ultra son qui à l’air efficace.
Tu retournes dans la rue pour manger une crêpe avec un œuf sur le plat et quelques petites bananes fondantes et sucrées, tu achètes du shampoing, une bougie et de l’eau minérale, tu constates que très peu de gens parlent l’anglais.
Une douche un peu froide qui détend quand même de la fatigue.  Le calme est enfin là.
A vingt trois heure une bonne pluie tombe sur Namkhana, tu pense à tes amis sous la tente de l’ashram, à tous les pèlerins sur la route et estime que tu t’en es finalement bien sorti.

Jeudi 15     NAMKHANA
Tu commences ta journée en retournant voir ce charmant petit guest house au cas où une chambre se serait libérée, c’est le manager qui te reçoit fort gentiment, il n’a toujours pas de chambre libre mais s’indigne du tarif qu’on t’as fait payer, ici les chambres sont louées entre 200 et 300 roupies. Il te suggère d’aller à Bakhali plus au sud en te fournissant une liste d’établissements avec leurs numéros de téléphone mais reprendre la route ne te tentes pas au vu des mouvements de foule des retours de la Ganga Sagar Mela . Sinon il te propose un logement pour demain soir et t’indiques une jolie promenade à faire ici: un chemin bordé de palmiers le long du fleuve. Tu réserves  chez lui une chambre pour demain.
Tu pars sur le port faire une aquarelle sous le soleil de midi qui commence à taper.
De retour à l’hôtel Eureka le manager et son acolyte baragouinant quelques mots d’Anglais te tombent dessus pour repayer six cent roupies car le check out time est à neuf heures le matin, tu refuse catégoriquement de repayer une telle somme, on te propose quatre cent, tu écris sur un papier: cent cinquante, c’est tout ce que tu acceptes de payer pour cette chambre sans confort minimum et aux murs décrépis, refus de l’interprète amateur, tu lui conseille de retourner à l’école pour apprendre l’Anglais s’il veut s’improviser guide. Tu lui dis que tu ne veux parler qu’au manager même s’il ne parle que bengali, tu as suffisamment voyagé en Inde pour savoir que pour les questions d’argent l’indien le moins cultivé comprend toujours! Après un quart d’heure de négociations l’affaires est conclue pour deux cents roupies. Tu es content, le manager aussi et ton apprenti interprète lui, n’a  pas cessé de sourire malgré que tu l’ai traité vivement et menacé de police, tout s’arrange en Inde mais il faut toujours se battre… No Prrroblem!
Soulagé car il y a réellement une pénurie de logement sur Namkhana, tu pars te restaurer dans une gargote musulmane: plat unique bœuf en sauce et riz.
Suivant le conseil de ce matin tu pars en promenade vers l’endroit appelé Namdabanga, tu trouves le chemin pavé de briques en sortant du centre ville vers le Nord-ouest. Pendant une bonne heure la balade est superbe, d’abord les faubourgs qui traversent un village de pêcheurs où les femmes assises sous la véranda de petites maisons en terre battue, ravaudent les filets.
Vous croisez les habitants dont le sourire se fige quand ils vous aperçoivent, il est clair que les touristes occidentaux ne viennent pas souvent à Namkhana. Le chemin continu à l’ombre de grands palmiers et cocotiers laissant entrevoir le fleuve, des petites fermes en terre de forme douce et arrondie jalonnent le parcours, c’est un vrai petit paradis.
Le bout du chemin s’ouvre sur l’estuaire lumineux et aveuglant, une balise de bambou avec un tissus vert marque l’entrée du chenal.



Sur le chemin du retour vos salutations « namasté » trouvent une réponse par de chaleureux sourires, vous faites des photographies, les enfants s’amusent de voir leurs visages dans l’écran de l’appareil numérique, tu t’arrêtes pour dessiner ce moment de bonheur simple.
Une fois en ville tu constates qu’une bonne partie de la mêla débarque à Namkhana, heureusement que tu es arrivé hier, aujourd’hui les pontons de l’île de Sagar doiven
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ARTICLE 2: SUNDERBANS suite, CALCUTTA 2 et La traversée vers les Andamans - Publié à 12:33, le 6/04/2009,
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Vendredi 16
Vous rendez votre chambre avant neuf heure, timidement le manager demande un bakchich , tu ne lui donne qu’un sourire qu’il te renvoie, il a quand même essayé!
A la Paribesh guest house une petite chambre propre t’attend, il y a un balcon avec vue sur un beau jardin fleuri, une table, deux chaises, deux serviettes de toilette, un savon… le grand luxe!
Journée tranquille de récupération, achat de médicaments pour soigner un petit rhume, pollution, poussière où tu te fais surprendre le soir quand la nuit arrive, tu n’as pas toujours ta couverture indienne pour te protéger de l’humidité; en fin de journée la température chute de  dix degrés.
Repas à sept roupies (douze cts d’euros!) dans une gargote et l’après midi: balade cette fois en prenant le chemin vers le sud qui est en fait une digue de boue séchée pour protéger des marées, dans cette région les terres cultivables sont pratiquement toutes en dessous du niveau de la mer, ces digues sont bien entretenues et ce serait une catastrophe pour les paysans si l’eau salée pénétrait. A droite le chenal de Namkhana, à gauche les petites maisons de terre, les bassins poissonneux et la petite jungle avec de temps en temps des trouées vertes de plantations de riz, tu reprends un petit coup de paradis.
Tu passes la fin d’après midi sur ton balcon à mettre à jour ton journal mais l’envoi attendra tu n’as pas vu de café Internet, ici c’est l’inde rurale.

Samedi 17
BAKKHALI
Ce matin départ pour Bakkhali, prononcer BoKKoLi, une petite station balnéaire à l’extrémité sud ouest des Sundarbans. Tu prends une barque pour traverser le chenal, une vingtaine de passagers prennent place assis sur le bordé. Après s’être déhaler de la rive, le pilote démarre un ancestral diesel monocylindre sans embrayage. La manœuvre d’abordage de l’autre coté se fait toute en finesse grâce à une ficelle qui étouffe le moteur à la limite de l’extinction, la berzingue doit tourner à trente tours minute.
Vous grimpez dans un mini bus aux vaigrages imitation peau de tigre pour faire la vingtaines de kilomètres qui te sépare de Bakkhali. Aux abords du village quelques gros hôtels pour riches Indiens, à l’arrivée tu discutes avec le chauffeur autour d’un thé: come from, France, ah Zidane! …Combien de fois du l’entends.
Une pancarte indique un Tourism Bungalow d’état du Bengale, pourquoi pas, il y en a des très bien mais aussi des sordides. Le manager te reçoit dans le grand hall qui résonne et t’annonce qu’il ne prend que des client qui ont réservés à l’office de tourisme de Calcutta à BBD Bagh. Plus loin un rabatteur te fait visiter une petite guest house plutôt sommaire et sombre, un autre hôtel est complet (c’est le Week end), le suivant est le bon; grande chambre, propre et calme mais beaucoup de moustiques du à la promiscuité avec des petits étangs aux alentours. Tu demandes un petit rabais et tu obtiens cette chambre pour 250 roupies.
Vers la plage un restaurant t’attire, le propriétaire parle un peu Anglais et propose poulet, riz, légumes, kingfish, crevettes et pomfret. Va pour le pomfret grillé, ce petit poisson exotique est succulent.
Balade sur la grande plage, l’air est humide face à la mer du Bengale, quelques Indiens se baignent. Tu t’écarte pour un plongeon dans une eau rafraîchissante, très salée et sans courant. Au loin, à un km, des barques et pirogues de pêcheurs sont mouillées ou posées sur le sable, tu te rapproche, en haut de la plage; un hameau, des séchoirs à poissons, des femmes triant des crevettes et des pêcheurs débarquant leurs filets, d’autres assis en tailleur ravaudant leurs mailles, tu t’assois pour dessiner.



Retour vers le village, une immense structure de bambous comme une cathédrale est installée sur le sable, un chapiteau pour une fête à venir ou passée? Un homme et son fils propose aux touristes Bengalis un stand de tir, un manège de chevaux de bois et une grande roue rudimentaire avec quatre nacelles en bois permettant de surplomber la plage de cinq mètres, le tout actionné de main d’homme avec maints grincements. Le soleil forme une belle boule rouge qui s’enfonce dans l’horizon brumeux.
Petit repas à la chambre, séance de dessin et d’écriture, installation de la moustiquaire au dessus du lit. Ce soir tu finis à 23h15.

Dimanche 18
Un peu KO par ton rhume et le contre coup de la Mêla, tu commences ta journée par un peu de lessive, petit exercice  qui se répète souvent, pour cause de poids, tu n’as que deux pantalons et trois chemises. Une petite sélection de photos pour ton blog mais tu n’as toujours pas vu de cyber café, ni occidentaux d’ailleurs, à croire que cela va de pair;
En fin de matinée le soleil chauffe timidement d’un petit 27°, quelques riches familles de Calcutta sont venues et pique-niquent sur la plage ou à l’ombre des grands pins.
L’ambiance est tranquille et conviviale si ce n’est encore quelques foutus haut-parleurs; la musique ça va encore mais les annonces de publicité ou les joyeux organisateurs de tours opérators ne collent pas au décor…
Sur la plage un groupe d’étudiants vous invite à s’assoir sur le sable pour discuter, il faut que tu récites un poème,
( tradition bien Kolkataise de déclamer des poèmes en public), tu choisi un texte de Jean Tardieu facile à retenir:
Qu’est ce qu’elle fait, elle fait rien!
Qu’est ce qu’elle dit, elle dit rien!
Qu’est ce qu’elle pense, elle pense rien!
Pourquoi elle fait rien, pourquoi elle dit rien, pourquoi elle pense rien ?
… N’existe pas.
Il filme sur son téléphone portable.
Il te récite d’une voix douce et chantante un poème Bengali qui dure beaucoup plus longtemps, il a du métier!
Il te demande un autographe, t’apprend quelques mots de Bengali:
Ami Kolkata Ke Balo Bashi (J’aime Calcutta).
Il te demande de le dessiner avec son copain, la pause est très sérieuse!
Tu les quittes pour traîner sur la plage, tu bois deux noix de coco fraîches, très bon pour l’estomac et pour calmer l’effet des épices dans tes entrailles.
A dix sept heure tu es dans ta chambre, il fait déjà nuit, le taux d’humidité est de 86 pour cent et 22° (pour ce voyage tu as emmené un thermomètre hydromètre par curiosité), le linge sèche difficilement et les murs de béton peint suintent à grosses gouttes, ils doivent être construit avec du sable de mer.
Tu ressorts pour donner un coup de fil en France, la liaison est étonnement claire et sans décalage, pour cinq ou six minutes cela coute moins de deux euros!

Lundi 19
Avant de sortir tu ouvres les fenêtres de ta chambre en grand, tu enclenches le ventilateur de plafond pour enlever un peu d’humidité. Tu pars dans la campagne, ça plante du riz ça nourri les chevreaux au biberons, ça se lave près des pompes et des étangs, les enfants partent à l’école avec leurs petites valises en métal. Toujours ces petites fermes où l’on bat la récolte de riz, un homme lance son filet épervier pour pêcher le repas de midi.
Au moment de faire demi-tour un rickshaw man vous propose un tour de deux heures avec visite d’un élevage gouvernemental de crevettes tigres et du port de Frasergunj, il vous sort un diplôme de guide qui a du être photocopié mille fois mais son tarif de quatre euros est tentant…
Assis sur le plateau du tricycle, secoué comme un prunier car le chemin est pavé de briques, tu admires le paysage rural que tu as souvent vu par la fenêtre d’un train ou d’un bus avec la frustration de ne pouvoir t’arrêter et depuis quelques jours tu es plongé dans cette beauté.
L’élevage de crevettes se compose d’une trentaine de bassins grands comme un terrain de football, implanté en pleine mangrove, des bungalows pour touristes sont à louer… à l’office de tourisme de Calcutta!
Vous reprenez la route pendant une demi-heure toujours à travers les rizières et les petits hameaux. Le port de Frasergunj avec une jetée en béton abrite une flottille d’une vingtaine de bateaux de pêche allant de la pirogue à voile au petit chalutier de douze mètres, une fabrique de glace et des entrepôts. Les pêcheurs près de leurs barques sont en train de démailler des petits poissons qui seront congelés ou séchés pour partir à Calcutta ou à l’exportation.
Tu retournes à Bakkhali où tu as commandé des crevettes pour déjeuner, elles devaient être cuisinées dans du lait de noix de coco, en fait elles sont cuite au curry mais c’est un régal.
Vers seize heures,  ballade sur la plage, une des grandes cathédrales de bambous à été entièrement démontée et chargée dans des camions bennes en partance pour Calcutta. Une pirogue glisse lentement devant le soleil, au couchant tu sirotes un thé devant la plongée du soleil dans le golfe du Bengale, la vie est belle!
Demain une journée de bus t’attend avec trois ou quatre changements pour rejoindre le village de Sona vers le nord à mi-chemin de Calcutta.






Mardi 20
NISHINDAPUR
Au matin tu règles l’hôtel, prends un bus pour Namkhana, retraverses la rivière et en reprends un autre en direction de Calcutta, pour kulpi d’où tu penses trouver une chambre et de là un nouveau bus pour rejoindre Nishindapur. Un peu avant Kulpi arrêt dans un village, sur les boutiques: le nom du lieu Nishindapur, que faire descendre? Continuer jusqu’à Kulpi, c’est idiot… Dehors quelqu’un appelle Oncle, Entie, Oncle, Entie, Sona est là, en fait il t’attend depuis huit heure ce matin, vous lui aviez juste dit que vous arriveriez le 20 janvier!
Vous grimpez dans un rickshaw Van, sept personnes s’entassent sur le plateau avec bagages, jarres colis, une vieille, deux enfants. Le jeune cycliste peine et sue pendant deux kilomètres à travers cette belle campagne, Sona plaisante avec tous les passants, fier d’avoir des invités étrangers.
Au moment de grimper un talus le conducteur descend pour pousser son véhicule et tu fais l’erreur de descendre toi aussi de l’avant du plateau, le vélo se cabre comme un cheval, décolle d’un mètre et  tous le monde se retrouve par terre: la vieille, la cruche, les mômes. Heureusement il y a eu plus peur que de mal et tu te dit qu’en Inde chacun sa place; il y a ceux qui tirent et poussent et ceux qui sont assis!
La famille de Sona habite une petite maison de terre ’’Paila number Hat’’, un petit hameau comme vous en avez croisés ces jours-ci, en bordure de la Hooglie River et à 120 Km en aval de Calcutta.
L’accueil est plutôt mitigé, Sona est très content mais vous sentez que cette pauvre famille musulmane n’a pas les moyens, ni de vous nourrir, ni de vous héberger et quand tu annonces à sona que tu comptes rejoindre Calcutta ce soir il parait soulagé. Il insiste pour que vous mangiez ensemble, les trois femmes de la famille (sa femme qu’il nous présente  à peine , sa sœur que nous avions connu quand elle avait 2 ans et sa belle sœur) exécutent les ordres sans enthousiasme.
Tu es venu ici pour aider financièrement Sona et ce n’est pas deux assiettes de riz en plus qui vont les ruiner! Le repas est servi, toute la marmaille n’a pas l’air d’être en très bonne santé, un bébé est couverts de boutons, la petite fille de Sona; Serena est froide elle est toute nue…La seule personne qui a l’air de rapporter quelques roupies c’est son jeune frère rickshaw man, mais ils sont quand même mieux ici, que en 1996 dans leur petite tente en sacs plastiques et bout de chiffon installée prés de l’esplanade de Calcutta!
Tu sors avec Sona voir ce fameux tricycle à réparer, les trois roues sont mortes de chez morte, la fourche est parait-il cassée… elle te parait plutôt rouillée quand à la chaine et aux pignons ils ont juste besoin de graisse, Sona insiste : No oncle ils ne sont plus bons! Tu lui démontre que tu sais reconnaitre un pignon usé aux dents fines et pointues à de bonnes dents larges et solides, il n’en démord pas No Oncle no tu n’y connais rien!
Tu n’y crois pas mais bon, le tout couterait 1200 roupies, tu peux faire cela sans problème mais Sona est un jeune homme faible et handicapé par sa main atrophiée et sa jambe blessée, tu vois mal comment il peux pédaler sur ces chemins cahoteux. Tu essaies de l’aiguiller sur une autre façon de faire fructifier cet argent:  élever des poulets, louer un terrain pour cultiver quelques légumes mais non Sona est rickshaw  depuis cinq ans et tu sens que même chez les musulmans le système de caste est bien présent! Autre exemple: il y a plusieurs trous dans les murs de la maison, aucun gars de la famille n’ira à vingt mètres chercher de la glaise dans la rivière, il faut s’adresser au fabriquant de murs en terre battue!!! Ce système permet aussi plein de petits métiers mais c’est difficile à comprendre pour nous occidentaux.
Mais voilà, Sona a 26 ans, c’est son choix , sa vie.  Tu lui dis que tu reviendras voir ce tricycle réparé, tu lui donne aussi de quoi soigner sa fille, tu sens que les autres femmes de la famille aimeraient recevoir cet argent qui tombe du ciel… indirectement ils bénéficieront des revenus de Sona… Inch’Allah.
Vers trois heure le frère vous raccompagne à l’arrêt de bus, vous prenez un tchai, tu veux régler la course au frère Sona te prend cinquante roupies, tout ce qui est bon à prendre est pris, tu connais Sona c’est un gosse des rues de Calcutta, c’est un oiseau qui a faim! Les musulmans Indiens ont beaucoup souffert de la partition, Ghandi n’en voulait pas Jina et les Anglais l’on voulue et cette séparation ne finit pas d’augmenter… jusqu’où ira-t-elle?
A la tombée de la nuit tu arrives en banlieue de Calcutta contrairement aux autres grandes villes d’Inde, Calcutta la communiste n’a toujours pas de voies express pour pénétrer dans l’ancienne capitale, les faubourgs sont encombrés d’embouteillages et de gaz d’échappement, la ville est un chaos de constructions neuves en bétons et de cabanes de chiffons. A 17h30 tu arrives en centre ville, un taxi te déposes dans ta rue: Sudder street, les commerçants prennent des nouvelles de ta balade, t’accueillent chaleureusement, il reste une chambre au Modern Lodge, c’est parfait ...home sweet home! , tu es mort de fatigue et tes yeux sont rougis par la  poussière.

Mercredi 21
A 10h tu prends un taxi pour la « Shipping corporation of India » la compagnie maritime qui assure la liaison avec les îles Andamans, tu as bien tes photocopies de passeport, de visa, une photo d’identité et des roupies. Mr Chatterji t’accueille jovialement et t’annonce que, pour le départ du 31 janvier il ne reste que des première classe de luxe avec cabine privée ou moins cher mais en liste d’attente.
Il y a quatre classes pour cette traversée: la moins chère « bunk » c’est la cale sans hublot où s’entassent des centaines de personnes parmi les cafards et autres rongeurs clandestins, la seconde Class B sont des cabines de 16 couchettes, la première Class A des cabines de six couchettes.
Vous faites vos comptes, ici vous pouvez vous payer une croisière sur un paquebot en cabine privée, va pour la  de luxe, ce sera à l’Indienne, je vous raconterai cela plus tard!
En attendant il faut remplir les formulaires et passer au guichet du préposé aux billets. Voilà un fonctionnaire Bengali dans toute sa splendeur! Pendant un quart d’heure il a siroté son thé et la file de trois personnes dérange ses plans de sieste. Il s’assoit  derrière son clavier, le regarde d’un air absent, le tripote nonchalamment, se lève, quitte la pièce sans vous regarder, revient cinq minutes plus tard avec une cigarette allumée (les lois anti tabac datent de 1992, là-dessus ils sont en avance), il la pose dans un cendrier en laiton siglé de la Shipping corporation of India. L’homme qui est devant vous a hésité pour te céder sa place, tu lui fais signe de passer devant, il prend la class « bunk » il est pauvre.
Notre fonctionnaire est très très supérieur à lui, il ne daigne pas lui adresser la parole. Quand le pauvre homme tend ses roupies, un geste méprisant l’envoie chercher l’appoint dans la rue, le petit homme court, reviens, la somme n’est toujours pas exacte, il repart. Entre temps notre fonctionnaire baille.
Votre tour arrive, il n’a toujours pas dit un mot, vous lui tendez vos documents qu’il regarde pendant quelques minutes sans avoir l’air de comprendre de quoi il s’agit. Aie! as-tu oublié de remplir une ligne ? as-tu fait une rature quelque part? manque t-il une photo?… Non le gros tampon libérateur frappe le document…Ouf!
Vous lui tendez la somme exacte qu’il recompte lentement trois fois, tout à coup cet homme te parle et tu découvres derrière ses lunettes un regard absent; two roupies! dit-il. Aie! Il manque deux roupies que tu déniches soulagé au fond de ta poche, tu te souvient de ta visite en 2003 à la trésorerie de Calcutta. Tu avais besoin d’un timbre fiscal de cinq roupie pour un document officiel et tu avais erré une matinée entière passant de guichets en guichets dans ce temple de la paperasserie indienne datant du Raj Britannique.
Revenons à notre fonctionnaire qui te tend enfin ton billet, Tu lui demande où et à quelle heure à lieu l’embarquement; réponse à peine audible: Kinderpore 14h30.
- What Kinderpore?, where is it?.
Il se lève part dans une autre pièce, revient avec un imprimé expliquant précisément en Anglais  les conditions d’embarquement, adresse précise etc.
Pendant ces deux heures que tu as passé ici notre homme n’a eu que deux billets à faire, tu n’oses pas imaginer s’il y avait eu une queue de dix personnes!
Les premières fois où tu avais affaire avec l’administration, quelle soit postale, Raiway ou bancaire tu te prenais la tête et ta patience virait au vinaigre, maintenant tu en profite pour observer avec amusement cet étonnant manège qui n‘existe qu‘en Inde, après tout tu es en vacances!
Après midi dans ta rue, café Internet et douche à l’hôtel avant que l’eau ne soit trop froide.

Jeudi 22
Tu récupères dix bobines de film que tu as confié au photographe Anglais, son laboratoire est une bonne adresse pour le noir et blanc (Bikash Bose 22/D Aswini Dutta road, Kolkata - 700 029 tel:2464 5225), les négatifs sont bien développés pour cinquante roupies et il n’y a aura pas les traces de rayon X  de l’aéroport.
Il t’a donné aussi une adresse pour le développement couleur: Sakti Pada Poirah, 13 Balarm Bose Ghayrd, tel:9433137921  de 17h à 19h.
Sur la terrasse du Moderne Lodge: aquarelle de cette vision fugitive des petits crabes rouges entrevus sur la plage de Bakkhali.
Sona et son frère sont venus acheter les pièces pour son rickshaw, tu les invite au Kalsa pour déjeuner.
Tu pars te promener dans les vieux quartiers musulmans derrière Marquis street, toujours de belles demeures coloniales. Près de l’église de Rafi Hamed Kidway road, l’agence de photos et de films documentaires: l’association Chitrabani est fermée jusqu’à lundi, tu repasseras. Petit stop dans une shop de jus de fruits, un dessin que tu mettras en couleurs plus tard. Sur le toit de l’hôtel, soirée Internationale, les Polonais offrent du Whisky qu’il faut boire cul sec…




Vendredi 23
Ce matin le Whisky Indien tape un peu sur la calebasse, une douche froide et un peu de paracétamol y remédie.
L’Après-midi vous prenez le métro pour aller dans le sud, à la station Kalighat, la Birla  Académie of Fine Art est fermée pendant trois ou quatre jours pour cause de Républic Day. Balade dans ce quartier calme et boisé, tu photographies quelques belles maisons de style colonial, l’une d’elle s’appelle ’’avant-garde’’  elle possède des vitres en vitraux art nouveau.
Vous vous posez prés du lac Rabindrah Sarovar sous un arbre colossal comme on en voit quelques fois en Inde, des corneilles se baignent.



Retour par Rash Behari Avenue où règne une belle activité marché au fruits, fleuristes décorant des voitures pour les mariages, boutiques de tissus, c’est la belle heure le soleil décline, les chai shop sont bondés.
Sur Chowringee tu t’achètes un pantalon de marque pour moins de trois euros, il doit bien avoir un petit défaut mais pour le voyage il sera très bien.
Tu avais rendez-vous avec Sona à dix-neuf heure pour stocker cette nuit ses pièces détachées de rickshaw, tu ne trouve que son jeune frère un peu perdu en ville, Sona et Mitha sont partis en voiture en dehors de Calcutta, tu lui paye un plat.
Ce soir vous êtes invités à  l’anniversaire de Louisa une jeune bénévole Chilienne, ça se passe sur le toit du Modern Lodge, les tables sont garnis de gâteaux et de boissons, plus de cinquante volontaires de toutes nationalités  sont venus, c’est la fête.

Samedi 24
Tu retrouve Sona et son frère au petit déjeuner, tu ne vois pas les pièces du rickshaw et il te retape cent roupies pour rentrer chez lui, tu te laisse faire, il vaut mieux qu’il soit à Nishindapur près de sa famille plutôt qu’ici à trainer dans son ancien milieu, il promet de revenir te voir plus tard après ta virée aux Andamans… tu parles! Il ne perd pas le nord.
Séance Internet pour essayer de dépanner ton logiciel Photoshop qui t’a planté, tu as retrouvé le numéro de série mais il te manque deux fichiers pour l’activer, depuis une semaine tu te débrouille avec Image Ready mais ce n’est pas pareil.
En fin d’après midi tu rejoins la salle de concert de Rabindra Sadan Hall il s’y passe un récital de chansons de Rabindranath Tagore avec musiciens chanteurs et danseurs. Tu as une bonne heure d’avance, l’Académie of Fine Art est à deux pas, six salles accueillent des expositions temporaires d’artistes Bengalis contemporain. Les œuvres sont toujours très ancrées dans la tradition et le figuratif symbolique mais on sent quand même une légère évolution. Un des artiste propose des toiles très colorées, ce n’est pas ma tasse de thé mais quelques encres légèrement influencée par les minotaures de Picasso retiennent mon attention , c’est l’école du Bengale instaurée par Tagore mais celui-ci reste le Maître incontesté.
La salle de concert n’est pas remplie quand tu arrives, tu choisis une bonne place, la bourgeoisie de Calcutta s’installe. Le rideau s’ouvre sur une brochette d’organisateurs et d’invités de marque, remise de prix, chacun y va de son  discours. Une vielle bourgeoise centenaire récite un poème en faisant claquer son dentier dans le micro, l’affaire dure une bonne heure (le tout en bengali), tu te demande si tu ne t’es pas trompé d’adresse. Fermeture du rideau.
Le rideau s’ouvre de nouveau, en arrière plan une trentaine de musiciens et chanteurs, en avant scène une troupe de danseurs aussi nombreux en costumes traditionnels. Les chants sont magnifiques et les danses ne le sont  pas moins, les enchainements chorégraphiques sont bien fluides, le spectacle vaut vraiment le déplacement. Tu essayes de dessiner, d’attraper quelques postures gracieuses mais la lumière est faible, tu prends quelques photos pour retravailler plus tard.



Dimanche 25
Réveillé comme d’habitude à huit heure et demi par l’atelier de ferronnerie, il n’y a pas de jour férié pour cet homme qui tape au marteau sa ferraille jusqu’à 23h. Depuis que tu es revenu au Modern Lodge, tu occupes une chambre à un étage inférieur, tu t’es rapproché du bruit et de plus les vitres de la demi lune de ta fenêtre sont manquantes. Il faudra que tu songes un jour à changer d’adresse, la direction ne fait aucun effort si ce n’est d’encaisser le loyer quotidiennement, les choses cassées et détériorées ne sont jamais réparées et le circuit électrique ne s’arrange pas.
Mise en couleurs des dessins d’hier soir, Michael te dépanne en te donnant une nouvelle version de Photoshop CS3.
Douche, lessive ta journée passe tranquillement avec quelques balades dans le quartier.

Lundi 26
Aujourd’hui c’est Republic Day, jour de congé et surprise,  ton frappeur de ferraille ne travaille pas… mais à 9h30 c’est un gros générateur d’électricité qui démarre juste sous ta fenêtre avec un boucan d’enfer, vite , te lever et retrouver la rue pour fuir, erreur, un Indien a sorti sa sono sur le trottoir et démontre à tous le monde qu’elle est très puissante, la musique de film Bolywood hurle dans le malheureux  haut-parleur.
Tu fais quelques courses car c’est le dernier jour de soldes et tu as vu chez Woodland des chaussures et des pantalons à des prix vraiment intéressants.
Vers treize heure vous comptez visiter des temples Jaïns situés au nord de la ville. Tu rejoins la station de métro Esplanade, les rues sont pavoisées de drapeaux Indiens, les haut-parleurs crachent leurs décibels, mais aujourd’hui pas de métro, c’est férié.
En quête d’un taxi qui puisse comprendre où tu désires te rendre, l’un d’eux devine que tu veux voir un temple près de Shiam Bazar, ça il connait! Les grandes avenues sont fluides, après un quart d’heure de route tu dépasses un canal puis une voie ferré et d’après ta carte tu montes trop haut au nord. Le chauffeur t’arrête près d’un temple Jaïn, ce n’est pas celui que tu cherchais mais puisque tu es là, autant le visiter.
Les temples Jaïns sont toujours très calmes et cette atmosphère de recueillement est la bienvenue seul le murmure des prières et deux moineaux qui s’ébattent sous le dôme animent le lieu.
Le Dieu Neminath, l’un des 24 Tirthankars (le panthéon Jaïn) est assis en lotus, debout, tu le dessine. Dehors d’autres Dieux en marbre blanc et le Dieu Parshnath, lui, debout en marbre noir est coiffé d’un Naja, tu t’installes entre deux fidèles qui prient.



Le groupe de temples que tu voulais voir se trouve à une bonne demi-heure de marche le long d’un canal bordé de dépôts et de bidonvilles, les habitants vous saluent, heureux de voir passer des occidentaux. Sur la droite au dessus des hangars tu aperçois  des dômes de temples, tu trouves Badrinas Temple street, le temple de Swetambar est là au bout à droite. Tu entres, un sol de marbre rafraîchit tes pieds, tous les murs sont incrustés de céramiques colorées. En sortant vers le bassin tu passes dans un autre temple. Tu discutes avec le gardien qui, sachant que tu a fais le pèlerinage de la montagne sacré des Jaïns à Palitana dans le Gujarat, te permet de photographier l’intérieur du sanctuaire.
Le plus important est le temple de Sheetalnathji, surement le plus ancien à la vue d’escaliers vétustes qui mènent au bassin malheureusement à sec et en travaux. Ce temple  appelé aussi   « Le coffret à bijoux de Calcutta » est un exemple typique de l’exubérance et de pacotille mais une magnifique exubérance.  Tout l’édifice intérieur et extérieur est recouvert de verreries et de céramiques. Il y a là beaucoup de Kolkatans en balade familiale, du coup l’endroit est moins tranquille mais il mérite quand même le coup d’œil. Un peu plus loin un autre sanctuaire plus sobre.
En sortant tu constates que tout ce quartier autour des temples regorge de belles maisons anciennes et au retour dans ton taxi, avec la nuit qui est tombée, les rues pavées, tu as l’impression de traverser Calcutta au siècle dernier.



Mardi  27
Vous prenez  le métro pour la station Rabindra Sadan pour flâner dans des endroits où vous n’êtes pratiquement jamais allés. Tu prends AJC Bose road, c’est l’heure de la pause déjeuner pour les employés de ce quartier relativement moderne, les hommes mangent debout, sur le trottoir la cravate passée derrière l’épaule. Le bruit de la circulation est à son maximum, une voie surélevée enferme tous les sons de klaxons et de moteurs. Tu bifurques à droite pour prendre Sarat Bose road, plus tranquille au fur et à mesure que tu t’enfonces. Arrêt dans un petit restaurant populaire pour te restaurer et prendre des forces car marcher sur les trottoirs de Calcutta est véritablement épuisant.
Tu passes un grand bassin le  Puddapukur Tank entouré de hauts palmiers avec des ghats, une partie sert de piscine la la Bhowanipur Swimming Association. Un peu plus loin tu pénètres dans un vieux marché à cette heure il n’y a pas beaucoup d’activité mais les boutiques à l’ombre du toit vétuste dégagent des bonnes odeurs d’épices, tu te perds dans le labyrinthe des allées étroites.
Tu quittes Sarat Bose rd et prends encore à droite une ruelle du nom de Beltala et là,  tu es carrément dans un quartier village calme et résidentiel formé de petits pavillons charmants , tu remarques aussi quelques maisons d’architectes et de vielles habitations de style colonial qui ne tiennent debout que grâce aux  banians qui montent à l’assaut des vielles pierres.
Cette rue doit te rapprocher de cette adresse qu’on t’a donné pour faire développer des pellicules couleurs moyen format. En croisant Ashutosh Mukherjee Road qui est le prolongement de Chowringee à 5 km d’Esplanade tu découvres une librairie galerie bien achalandée en livres d’arts et  photographies.
Tu repères le cinéma Purna que l ’on t’a dessiné sur ton plan. Balaram Bose road n’est pas très loin à gauche, tu es en avance, les horaires qu’on t ’a donné pour ce laboratoire sont 17h à 19h…? Au bout de la ruelle tu perçois de la verdure et une lumière qui doit être Tuli Nala le canal de Kalighat, les habitants prennent un thé près d’un petit temple dédié à Shiva, tu discutes avec deux hommes très gentils.  Sous un kiosque aux murs peints d’un beau rouge orangé deux jeunes jouent au Karom le billard Indien, en guise de boules , des palets sont poussés d’une pichenettes vers les angles.
Tu as un peu de mal à trouver le petit laboratoire de Mr Sakti Pada Poirah qui est toutes portes closes, des voisins t’apprennes qu’il est rarement ouvert et te donne un numéro de téléphone, Mr Poirah t’annonces que: Process not avalable? Quand tu veux en savoir plus on te raccroche au nez… il va falloir trouver une autre adresse, ça doit bien exister à Calcutta.
Retour en métro, tu t’arrêtes pour boire une bière dans le jardin du Fairlawn Hôtel, les plantes sont magnifiques, c’est un havre de verdure et de paix, une petite jungle arrangée au milieu du chaos du centre ville.
Le soir à 23h30, pendant que tu travailles, les deux générateurs se mettent en route sous ta fenêtre, tu n’y crois pas heureusement cela ne dure pas mais le chambard a du réveiller tous les voisins… occidentaux, les Indiens ne l’entendent pas!!!


Mercredi 28
Cet après-midi tu pars vers Rabindra Sadan à la recherche de quartiers modernes, tu as vu une adresse d’un supermarché de créateurs de mode dans Elgin road. L’immeuble sur cinq étage est très récent, l’air climatisé règne et tu changes radicalement de siècle, les Kolkataises et Kolkatans sont en Jeans et vêtements de marque. Il y a des vêtements de créateurs Indiens et de très beaux tissus pour les Kurtas et saris et quelques tenues ethniques pour hommes, les prix sont chers pour l’Inde mais reste en dessous des prix européens et surtout les coupes et tissus qui sont d’excellente qualité, tu reviendras surement avant de rentrer en France pour t’habiller. Pour le moment tu achètes du pain et des croissants.
Tu retournes à pied dans ton quartier en empruntant Camac street une rue très moderne, les enseignes internationales sont ici avec des immeubles avant-gardistes, il fait déjà nuit, tu reviendras faire une série de photos en journée. La rue est prestigieuse mais les trottoirs toujours aussi défoncés. Au coin de Camac et de Park street tu découvres Bombay Photo Stores qui peut prendre en charge tes négatifs couleurs moyen formats qui seront développés dans un labo professionnel pour 65 roupie (1 euro). Le patron te montre sa collection d’appareils: un des premier Nikon 24x36mm à soufflet rigide, un Contaflex 24x36 rare équipé de deux objectifs Carl Zeiss édité à quarante exemplaires!! Il est en parfait état de marche.
Ce soir tu est invité par Fernando à un barbecue sur le toit du Modern Lodge, tu achètes quelques bouteilles de bière.
La soirée est prévue « en famille », c’est-à-dire maxi huit personnes locataires de l’hôtel. Fernando a acheté du bœuf et de l’agneau et loué un grand Wok avec brûleur et bouteille de gaz. Au menu: salades composées, pommes de terre frites, viandes, fromage de Hollandais et Nutella pour changer de la cuisine Indienne, le bœuf est une vrai carne mais les côtelettes d’agneau  délicieuses. Fernando débouche une bouteille de vin Australien..pas terrible! En fin de soirée Fernando casse sur sa tête de basque un gros bloc de glace pour rafraîchir un Bloody Mary, un cocktail vodka-tomate, duo guitare flute avec Papi.

Jeudi 29
Journée blanche, lessive, sieste. Promenade dans Camac street à la tombée de la nuit. Tu récupères tes films bien développés. Repas, aquarelle du Paribesh Guest house de Namkhana, tu l ‘enverras par la poste ou par l’intermédiaire du photographe Anglais qui a envie de passer par là.

Vendredi 30

Aujourd’hui dernière journée à Calcutta avant de prendre le bateau pour les îles Andamans. Il faut que tu achètes à manger pour la traversée, il y a bien un service de repas à bord mais on t’a conseillé de faire quelques provisions. Normalement le voyage dure trois jours cependant il parait que ça peut aller jusqu’à sept jours en fonction des marées, des bancs de sable sur le Gange et de la météo en mer.
Le prochain article de ton blog sera donc à Port Blair avec un compte rendu de ce moment.
En attendant une petite carte de Calcutta pour vous y retrouver.
Ce soir tu achètes quelques bières pour offrir ta tournée aux amis de l’hôtel. A ta surprise, tous ont préparé un repas pour votre départ. Riz, pommes de terre, sardines à l’huile, olives et des gâteaux bien sucrés et colorés de chez « Kathleen », bières et  whisky plus que correct. On t’offre une photo d’une soirée sur le toit et un petit mot très gentil te remerciant de ta compagnie, tu es vraiment très touché, En même temps tu as l’impression d’avoir toujours connu cette bande là et  bien sur, cela ne fait aucun doute, tu les reverras… Inch’ Allah!
La soirée tourne autour de discutions de voyages, Elie le Suisse qui prend des cours de tablas a bien bourlingué, avec Michat, le Polonais, ils échangent des souvenirs de voyages en Afghanistan, Pakistan, Kurdistan etc.…

Samedi 31 Janvier
Tu fais ton sac pour libérer la chambre avant dix heure, règles quelques derniers achats au New Market.
L’oncle de Mita te propose te t’emmener gratuitement en Ambassador blanche et à 14h30 tu te retrouves dans la grande halle de Kiderpore Dock, porte numéro trois en compagnie de nombreuses familles Indiennes chargées comme des mulets. Un officier de marine vient prendre en charge les seize passagers occidentaux et vous fait passer toutes les queues en un clin d‘oeil, vous guide vers la passerelle d’embarquement avec à bord, un dernier contrôle des passeports.On t’emmène vers ta cabine et ma foi ce n’est pas mal du tout: une chambre, une belle salle de bain, un petit salon avec un canapé et deux fauteuils, deux hublots qui s’ouvrent, un bureau, une chaise, deux grands placards, des prises électriques, pour l’Inde c’est le grand luxe! Et en plus les officiers sont très sympathiques.
Ta cabine se trouve sur le pont supérieur, le troisième, juste en dessous de la capitainerie. Une fois installé tu descends les trois ponts, tu te retrouves avec les indiens massés dans le « Bunk » un grand dortoir sordide à proximité des toilettes grandes ouvertes et déjà inondées d’urine, tu n’ose pas imaginer ce que se sera après quelques jours de mer quand les Indiens auront le mal de mer! Tu ne regrettes pas ta première classe de luxe.
La nuit est tombée  sur Kiderpore dock, le M.V. HARSHAVARDHANA cargo mixte à la Tintin et Milou est toujours à quai, on attend la marée, la brume diffuse les éclairages du port avec les grandes grues en ombre chinoises.
22h, on largue les amarres, un petit remorqueur à l’avant, un plus gros à l’arrière qui nous tire en marche arrière pour sortir du bassin.
D’habitude tu regardes la larme à l’œil  partir les paquebots, là pour une fois c’est toi qui vois le quai s’éloigner, quel bonheur!
Le convoi passe de justesse entre un pont pivotant et le quai, retraverse un grand bassin en étoile, le port est superbe, deux grands radoubs de cale sèche, beaucoup de quais et de bassins secondaires, on sent que ce port a eu son heure de gloire. Tout doucement, aidé par des filins et des treuils notre navire se cale dans une écluse juste à sa taille.
Là, tu as la nette impression que, pour le moment, le voyage s’arrête: la porte de l’écluse arrière ne se ferme pas et le Gange est là, devant nous à six ou huit mètres en dessous de notre niveau d’eau. Vous allez passer une partie de la nuit à attendre que la marée monte, il est 22h45.


Dimanche 1er Février
A Trois heures trente du matin les portes de l’écluse s’ouvrent, une équipe de dockers avance les amarres, le contremaitre donne ses ordres avec un porte voix: aria, slak aria slak (choquer, border). Le bateau se déhale le long du quai jusqu’à ce que celui-ci prenne une forme courbe, le navire prend alors appui dessus et pivote lentement plaçant l’étrave dans l’axe du fleuve, cap au sud.



Vous longez de nombreux docks et  wharfs auxquels sont amarrés quelques cargos, sur les quais, dans la pénombre tu peux apercevoir des Banians géants, tu retournes dans ta bannette.
A cinq heures, c’est le grand calme, l’aube pointe son nez et le petit paquebot est à l’ancre et lévite doucement sur le Gange qui a reprit son courant naturel et qui se vide. Tu penses qu’on va rester ici à attendre la renverse de marée. Tu fais quelques clichés du lever de soleil sur le fleuve; Les barques de pêcheurs et les passeurs ont commencés leur journée dans ce matin calme. Nous devons être en banlieue de Calcutta. Les Indiens du Bunk emmitouflés dans leurs couvertures sont montés sur le pont supérieur pour se brosser les dents. Le thé a été servi en cabine dans les première classe, le haut-parleur, que tu peux heureusement régler diffuse les chants et prières du matin.
Dix heure, un pilote ou le capitaine arrive à bord d’une pilotine, ce n’est donc pas la marée qu’on attendait…
Vers midi c’est l’étale de marée basse le courant est maintenant face au navire, 14h30 le Gange s’élargit, vous croisez des grosses barques, pirogues à moteurs, voiles ou avirons, il y a aussi quelques petits portes-containers qui remontent sur Calcutta. Le Gange est devenu moins profond à en voir les remous sableux brassés par l’hélice, les premières iles du delta sont en vues, vous ne devez pas être très loin de Diamond Harbour, le fleuve dessine une longue boucle où se jette à l’Ouest un affluent, le navire à mit cap à l’Est et la vitesse a augmentée.
Sur la rive, les enfants qui vous voient passer, agitent leurs bras en poussant des cris stridents, un gros dauphin, lui, montre sa nageoire dorsale.
A seize heures: une pêcherie au beau milieu du delta, à dix sept heure quinze vous laissez la petite ile de Jambhudwip à bâbord et à droite des grands bancs de sables de plusieurs kilomètres de long.
Tu as vu le lever du soleil et maintenant tu le voit disparaître dans la brume violette, tu n’as pas quitté ton hublot de la journée  ni la coursive, tu as fait le plein de belles images, quelques dessins et aquarelles pour ton carnet de voyage, ce soir tu vas bien dormir…



Lundi 2 février
Ce matin la mer a changée de couleur, elle est passé d’un vert-jaune sableux à un beau bleu profond, c’est pétole. A peine une petite risée de vent d’Est le ciel est voilé de petits nuages légers. La mer sur 380 degrés dessine une légère courbe à l’horizon, à tribord tu aperçois un groupe de marsouins et le bateau va naviguer toute la journée au cap 150 (tu as ta petite boussole) ; Sud-Sud-Est. La température augmente au fil des heures, en début d’après midi il fait 30 degrés dans ta cabine et tu prends une douche froide avec plaisir. Promenade sur les ponts, aquarelle sur la plage avant, à peine tu as ouvert ton carnet que déjà tu as derrière toi une quinzaine de spectateurs.
Tu descends au fameux « Bunk », la salle des douches est inondée par trente centimètres d’eau savonneuse et trouble, des emballages de shampoing flottent à la surface. Dans les grands dortoirs de cents lits superposés, les familles gisent parmi les bagages, les hommes t’invitent à t’asseoir à coté d’eux. Tu remontes faire une aquarelle de cette scène.
A seize heures sur la plage arrière les Indiens regardent un film sur une petite télévision, d’autres assis par terre jouent aux cartes. Tu discutes avec quelques occidentaux; trois Quebequois , trois Anglais ou Irlandais à entendre leur accent, un Allemand de Munich, un Hollandais qui a un ticket « Bunk » mais qui s’est installé avec un hamac sur le pont arrière, normalement les habitants de la cale ne sont pas autorisés à dormir ici mais, pour lui les officiers font exception. Tu réalises quelques vidéos de la planète paquebot. Avant le coucher du soleil tu entrevois un poisson volant qui plane sur une quinzaine de mètres avant de ricocher sur l‘eau; la mer se réchauffe!




Mardi 3
8h, le vent est un peu plus établi de secteur Est, une petite houle vient aussi de cette direction, le M V Harsha Darshana fait toujours route au 150. En passant dix minutes au hublot tu vois cinq ou six poissons volants. Et là c’est une dizaine de poissons qui décollent en même temps. Journée tranquille passée entre les repas au restaurant,  la photographie et deux aquarelles du pont avant et du pont supérieur avec les canots de sauvetages en premier plan.
Fin d’après-midi sur la plage arrière, les gens disent que nous allons arriver cette nuit, d’autres au petit matin. Pour ta part tu préférerais passer encore un peu de temps en mer, surtout pour voir l’approche de l’archipel mais ce n’est pas toi le capitaine!



Mercredi 4
  PORT-BLAIR
A six heures le bateau à stoppé puis avance au ralenti devant l’île principale voilée par la brume, un pilote embarque avec une flopée de militaires en armes, et à sept heures et demi notre petit paquebot trouve sa place derrière un gros porte-containers, la température est déjà à trente degrés et le taux d‘humidité n‘est pas mal non plus : 73 pour cent !.
Les formalités d’immigration prennent un certain temps et vers dix heure un rickshaw vespa te dépose dans le centre ville vers Aberdeen bazar où tu peux trouver  pas mal de d’hébergements. Les prix sont assez élevés, tu en visites un moins cher mais chaud et crasseux, finalement tu te rabats sur le Mayaraj dans une rue tranquille à 400 roupies, quand même! Mais celui là propre et avec la fenêtre donnant au Nord, il y a même une télévision… Tu branches tes deux prises anti-moustiques plus la troisième de l’hôtel.
Ton permis pour les Andamans a une durée de quinze jours, pour pouvoir doubler ce temps il faut que tu justifies d’un billet de retour sur le continent.
Tu te renseignes pour un vol sur Kolkata, le seul qui revient moins cher que le bateau est pour le 4 mars. Autre solution pour le même prix quelques jours plus tôt en passant par Chennai (Madras) mais qui implique trois jours d’attente dans cette ville et deux jours de train pour rejoindre Calcutta, cette solution n’est valable que si l’on veut visiter l’Inde du sud et tu préfères finir ton voyage en approfondissant par des balades au Bengale et dans les Sundarbans. Pour l’instant allons-y pour un mois complet aux iles Andamans!
Tu retournes au bureau d’immigration et obtiens à une vitesse record ta prolongation de quinze jours, le préposé te fait même cadeau de la photocopie de réservation de vol que tu avais omis de faire!
A 14h le soleil plombe et tu te réfugies dans un Cybercafé, la connexion est bonne et rapide.
Pour continuer cette journée administrative, tu files au port faire ta réservation de ferry pour l’ile de Havelock où tu as décidé de commencer ton périple sous les tropiques. Devant le guichet, deux Indiens te passe devant habilement, tu fais remarquer que ce n’est pas correct, ils te répondent en langue locale et en rigolant mais ne change pas de place…Incredible India!!!
L’employée apprend à se servir d’un clavier d’ordinateur avec un doigt, ce qui pourrait être réglé en cinq minutes prend aisément vingt minutes, pour bien faire, sur ton permis figure tes trois prénoms mais ton nom de famille en est absent ça promet! Enfin tu obtiens ton billet pour le six février dans deux jours; départ à six heures du matin, embarquement à  …quatre heure !
Sur le quai du Directorate Shipping Services, dessin que tu mettras plus tard en couleur,  une flottille de petits ferrys amarrés.



Port-Blair est situé au fond d’une baie où, très vite les rues grimpent dans les collines, il y a un beau bazar bien vivant et beaucoup de maisons anciennes en bois peint. Tu visites un petit temple Hindou avec un sanctuaire des neufs planètes représentées par neufs petits Dieux polychromes et décorés de fleurs fraîchement coupées, un autre avec Durga et sa copie la déesse noire Kali, plus loin Shiva, Parvati, Nandi et  le lingam arrosé en permanence par un récipient percé qui pend au dessus. Sur le coté  tu admires une belle représentation de Ganesh. En passant près du sanctuaire principal le brahmane de service te marque le front d’un point safran et rouge, t’offre une cuillerée de Ganga water que, contrairement aux Indiens , tu ne bois pas, d’un geste tu t’en asperge les cheveux. Avant de partir tu laisses un petit billet et le gentil prêtre d’offre des Prasads, quatre belles friandises dans une petite boite.
Le soir dans ta chambre première rencontre avec la faune des iles: en soulevant ta poubelle tu découvres avec effroi une araignée monstrueuse, le corps gros comme une phalange de pouce et les pattes épaisses font bien trois centimètres. Tu n’as jamais vu ça, tu ne la perd pas des yeux, pas question de dormir avec une bestiasse pareille, pendant ce temps ta compagne cherche dans le sac l’arme fatale que tu emmènes toujours en Inde: le gros élastique. Il suffit de bander le caoutchouc avec ton pouce, viser, te rapprocher doucement ( tu en as vu quelquefois disparaitre à la vitesse d’un éclair) et tu tires, le monstre git, terrassé.

Jeudi 5 février

Balade vers l ‘aquarium et visite de celui-ci, tu peux voir une belle variété de poissons exotiques et une importante collection de coquillages, en sortant tu trempes tes pieds dans la mer, l’eau est au moins à 28 ou 30 degrés, tu sens que tu vas passer pas mal de temps dans l ‘eau.
Un gros restaurant sous une véranda ouverte propose des poissons et des fruits de mer, les prix tournent autour de 300 roupies pour une petite langouste, du crabe, de la crevette tigre ou un choix de poissons. Tu te paye une grosse Tiger Prawn avec une brochette de poisson cuit au four tandoori c’est délicieux cela rappelle la cuisson thermidor.
Une route permet de longer la côte et de faire le tour d’une petite péninsule, la colline boisée de hauts palmiers abrite un peu du soleil et un petit vent du large rafraîchit l’air, cette promenade de cinq kilomètres te ramène au port des ferrys de Phoenix Jetty.



En début de soirée tu fais quelques achats dans Aberdeen Bazar; Nescafé, thé, miel, sucre et quelques bricoles  que tu n’es pas sur de trouver, en prévision de ton escapade sur Havelock une petite île à 50 km au Nord - Est de Port-Blair. La vielle propriétaire du Mayaraj te reçoit pour régler la note et le livre administratif que tout hôtelier Indien doit te faire remplir; numéro de passeport, de visa, date d’entrée en Inde, d’où tu viens, où tu pars etc. La maison de Maya est  en bois peint en vert, au mur, des portraits de famille en noir et blanc, une très belle maisonnette des tropiques où il doit faire bon vivre, elle t’assure que tu n’as pas besoin d’être à 4h pour l’embarquement et que 5h30 suffise largement.
A la fraîcheur de la nuit tombée tu te promène dans le quartier ou quelques rue anciennes sont bordées de typiques baraques en planches, tu rentres pas trop tard pour préparer ton sac.

ARTICLE 3: LES ANDAMANS Havelock - Publié à 11:34, le 6/04/2009,
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Vendredi 6   HAVELOCK
Réveil à 4h30 après une petite nuit, les chiens de Port-Blair ont hurlés pendant des heures, un rickshaw vespa t’emmène à Phoenix Jetty, on t’envoie avec tes bagages à l’autre bout du port; pas de bateau pour Havelock! Tu retournes sur tes pas en maudissant les informations Indiennes toujours aussi précises, en fait il faut toujours se renseigner  à trois ou quatre personnes pour avoir  un semblant de précision, parfois, plutôt que de te dire qu’il ne sait pas, l’ Indien peut te raconter avec assurance n’importe quoi ! Tu trouves le MV Choultari juste à l’entrée du port, en cette veille de week end il y a deux ou trois bateaux en partance pour Havelock, il y a deux classes à bord, bien sur on t’a vendue la plus chère et contrairement au MV Harsha Darshana, la première classe avec air conditionné est dans la cale avec une vingtaine de sièges confortables mais sans ouverture à l’extérieur. La classe B est assise sur des sièges non orientables mais a le privilège d’ apercevoir le paysage à travers les hublots ronds.
Finalement tu passes les deux heures de traversée dehors sur la plage arrière. L’île de Neil apparaît en premier, Havelock se dessine plus au Nord assez grande tout de même, une vingtaine de kilomètres de longueur pour dix de large. Au débarcadère, le ton est donné; le tourisme vient en majorité sur cette île réputé une des plus belle, offrant des facilités et sans permis supplémentaire. Cela va du riche Indien ou occidental au baba cool avec une grosse majorité d’Israéliens mais ceux là ont l’air moins paumés qu’à Pushkar, Bénarès, Puri ou Omkaleshwar villes saintes où l’on peux trouver toute sorte de produits illicites en vente libre dans les Bhang shop.
Un rickshaw vespa te dépose au village numéro trois au camp « Holiday In » situé sur un terrain près de la plage et abrité de palmiers. Il y a seize huttes avec petite vérandas en bambou et feuilles de palmes tressés. L’accueil est sympathique, les chambres les moins chères sont toutes occupées et pour cinq cent roupies on te propose une hutte à étage; au rez de chaussé une grande entrée et une salle de bain WC, une échelle de bambou monte à l’étage, un grand lit avec moustiquaire, un balcon sur toute la largeur, une table deux chaises et l’électricité avec fan au plafond. En attendant de trouver un peu moins cher tu t’installes et files vers la mer limpide.
Là, tu ne sais pas si tu dois continuer ton journal, connaissant les conditions météo de cet hiver particulièrement froid en France, ceux qui ne supporteront pas arrêteront de me lire, ceux à qui la chaleur parviendra par interposition continueront, parce que la suite risque de faire des envieux tant la beauté du site et cette situation paradisiaque peut paraitre indécente.
La marée est basse, l’eau couleur de jade peu profonde, tu te trouve sur un plateau de corail mort et sableux. Tu marches pendant deux cents mètres et l’eau plus que tiède t’arrive toujours à mi-cuisse il faudrait faire le double de chemin pour trouver la profondeur marqué par un bleu plus dense, tu patauges de bonheur pendant trois quart d’heures.
Au restaurant du Holiday In les prix sont corrects, tu t’assoies et discutes avec un breton et un Caenais venus dépenser leur RMI sous les tropiques, ici, ils vivent chichement lézardant au soleil et ne bouge pas de cette île pendant plusieurs mois retournant sur le continent pour renouveler leur permis.
Vers quinze heure le soleil est encore fort et tu pars à la découverte du village n° 3; un petit marché aux fruits et légumes, une halle à poissons, quelques boutiques d’alimentation des restaurants et magasins de fringues pour touristes Internet, apparemment il ne manque rien pour attirer le touriste.
Retour par la plage, la marée est haute en fin d’après midi, le sable est à l’ombre car orienté à l’Est, En face, l’île John Lawrence inhabitée est éclairée par le couchant. Tu entres dans l’eau toujours aussi chaude et là il suffit de faire quelques pas pour avoir l’eau aux épaules, tu te répète et tu n’as pas fini :  le paradis…
Petite aquarelle sans dessin à l’eau salée pour mémoriser cette vision de bonheur que tu as en face de toi ; mer de jade, l’île J. Lawrence et ce ciel pourtant opposé au couchant violet pourpre à l’horizon se dégradant au jaune puis au bleu ciel de plus en plus dense.


Samedi 7
Couché tôt, réveillé tôt, tu t’es endormi au son du coassement de grenouilles qui doivent être géantes vu le volume de leurs appels, c’est bientôt la pleine lune et elles s’en donnent à cœur joie;
A sept heures trente la marée est haute, tu piques une tête face au soleil déjà haut, l’eau est un tout petit peu plus fraîche mais pour se réveiller c’est impeccable. Petit déjeuner dans la hutte et premier café noir depuis un mois, le nescafé c’est pas trop top mais ici ces petites choses sont plus que secondaires.
Tu pars sur la droite de la plage pour visiter d’autres camps car ton budget ne te permet pas de te payer une chambre à cinq cents roupies pendant un mois, le seul lieu où tu as payé une chambre dans cet ordre de prix c’est à Bombay réputé pour la difficulté à se loger. Si tu traduits en euros cela paraît radin mais si tu voyages en Inde c’est aussi pour raison économique, tes revenus d’artiste ne te suffirait pas pour trois mois de voyage dans un autre pays.
Tu visites une quinzaine d’autres camps mais les prix ne descendent pas en dessous de cinq cent pour une double avec salle de bain tu en  a même vu à deux mille roupies, charmantes avec leur petit balcon en hauteur avec sofa et mobilier en bambou: le petit phantasme de la cabane dans la jungle!
Tous ces camps sont envahis par de jeunes Israéliens venus après leur deux ou trois années de service militaire, s’éclater à la  Jungle live, fumer des joints et écouter de la techno où du reggae.
Tu t’aperçois que l’Holiday In est relativement bon marché reste à voir si pour une durée de dix à quinze jours tu pourrais négocier ta hutte à meilleur prix ou bien passer dans une catégorie inférieure mais plus petite, moins lumineuse et surtout sans table pour travailler, à voir avec le patron qui doit rentrer de port-Blair dans l’après midi
En attendant, aquarelle du camp et en fin de journée tu files au bourg par la plage pour aller te ravitailler en eau minérale, en passant une petite série de photos autour de fantomatiques arbres de mangrove qui arrivent à trouver de l’eau douce grâce à leurs nombreuses réminiscences. tu dessines, de gentils enfants s’arrêtent et s’intéressent, le plus grand qui append l’Anglais traduit mes propos.
17 h, retour au camp, le patron n’est toujours pas rentré, c’est l’heure de la marée haute, le jour décline, la pleine lune est pour bientôt et le bain somptueux.



Dimanche 8
Journée dominicale et toujours tropicale: farniente et bains. L’Après-midi tu tentes une connexion Internet, la boutique n’a qu’un ordinateur en état de marche, deux touristes sont devant toi et à en juger de leurs mines et le temps qu’ilsy passent ça ne va pas vite! Ton tour arrive, la première page s’ouvre au bout d’un quart d’heure, ça promet!
Après une demi heure tu arrives à télécharger les textes pour ton blog mais les images ne s’affichent même pas, il hors de question d’essayer d’envoyer la moindre images. C’est dommage pour toi cher lecteur, il va falloir  imager ces paysages magnifiques, tu espères que les mots seront suffisamment forts…
En une demi-heure tu n’as pas beaucoup avancé , le patron t’affirme que depuis quelques jours ça ne marche pas bien mais encaisse quand même les cent roupies.
Prés du petit temple du village des femmes chantent et les hommes préparent un repas pour une centaines de personnes dans des grands chaudrons , tu te renseignes il s’agit d’une fête au nom d’Harijan, en Inde les Harijans sont les plus pauvres; les intouchables. On t ‘explique que des jeunes garçons ont été pesés et le total du poids correspond à la quantité de nourriture offerte. Retour par la plage et dernier bain sous la lune qui grossit de jour en jour.



Lundi 9
Ce matin tu loues un masque et un tuba, au village tu prends une Jeep collective pour te rendre à Radha Nagar Beach à treize kilomètres d’ici. La campagne est belle, une petite route sinueuse grimpe et descend les collines boisées et te dépose prés d’une grande plage orienté au Sud-Ouest. La marée descend, tu pars sur la droite, on t’a parlé d’une plage plus petite entourée de massifs coralliens. Le sable est fin et très blanc, l’eau turquoise passe vite au bleu intense, preuve que les fonds sont proches. Après une demi-heure de marche tu découvres la petite anse avec en haut du sable et des grands palétuviers qui débordent et apportent de l’ombre. Tu t’installes sous l’un d’eux et ni une ni deux tu t’enfonces dans l’eau rapidement profonde, elle est un peu plus fraîche que de l’autre coté de l’ile mais tu ne ressent aucun froid et l’eau est limpide. Tu ajustes ton masque, nages vers le récif marqué par une tache sombre.
Une fois la tête sous l’eau tu te trouve dans un aquarium géant, les poissons nagent tranquillement en te surveillant de leur œil rond. De tous petits poissons bleus électriques, des poissons clowns aux couleurs orangées butinent la végétation, des poissons perroquets jaunes de chrome striés de rayures bleues lumineuses, un banc de poisson jaune s nagent à coté de toi, tu n’en crois pas tes yeux. En plongeant tu aperçois des poissons plus gros qui se cachent sous le massif, en remontant à la surface un banc de petits poissons fins au nez pointu t’observent. Les coraux sont multicolores : jaunes, orangés, violets, bleus ou verts, c’est du grand spectacle, tu restes comme ça trois quarts d’heure à contempler ce monde nouveau où le silence règne.
Le soleil te sèche vite et tu te protège à l’ombre des arbres, tu sens que ce soleil de midi pourrait être dangereux, mais tu n’y résiste pas, tu retournes plusieurs fois dans l’après-midi à l’eau reprendre une dose de ce spectacle grandiose.
Vers quinze heures après ces bains, la faim commence à tirailler l’estomac mais avant de partir tu en reprends un coup…d’œil.
Le soleil est trop fort pour revenir par la plage mais un chemin longe la grande plage à l’ombre d’arbres géants d’une hauteur vertigineuse, près du sol ils deviennent très larges, leurs racines sont hautes elles aussi. Tu photographies ces grands arbres au nom de Chatian ( alstonia kurzini ). Près de l’entrée de la plage tu trouves quelques gargotes et tu t’offre un Thali aux crevettes en attendant ton bus. Curieusement à travers tes vêtements tu sens comme une irritation brulante, tu as du prendre un coup de soleil pourtant, tu t’es mis à l’ombre dès que tu es sortis de l’eau…
Seize heures trente, le bus te ramène au village numéro trois, tu achètes un petit régime de bananes pour le repas du soir, prends un chai, ça chauffe de plus en plus sous ta chemise, ta peau est devenue très sensible.
Au camp tu prends une douche pour rafraîchir et dessaler ton corps, tu te rend compte que tu est rouge comme un homard  après cuisson. Roger le Français qui a quelques expériences en « Snorkeling », t’affirme qu’aux heures où tu as nagé, le soleil a fait son œuvre malgré l’eau qui te rafraîchissait, c’est comme si tu avais passé deux heures et demi allongé en plein cagnard, aux heures chaudes, Roger nage avec un tee shirt, tu comprends aussi pourquoi les gens se baignent mais ne nagent pas beaucoup, ils font trempette debout!, tu étais loin d’imaginer qu’on pouvait bronzer sous l’eau…
La moitié du pot d’Aloé Véra  que tu avais acheté le premier jour est vite absorbé par ta peau déshydratée mais la brulure se calme instantanément.  tu as bel et bien pris un bon coup de soleil.
Ce soir la  lune est pleine et monte comme une orange dans la nuit tropicale. Tu avales tes petites bananes tendres et sucrées, tu remets une couche d’Aloé, prends deux aspirines, tu devrais faire de beaux rêves aquatiques.


Mardi 10
Aujourd’hui c’est décidé, tu restes à l’ombre…du moins pendant que le soleil est fort. C’est l’occasion de faire ta lessive, la dernière remonte à Port-Blair, de faire une aquarelle d’après la balade d’hier sous les grands arbres.
Au déjeuner Ben, Roger deux Français et Chouki un Israélien parlent d’une partie de pêche: location de la pirogue motorisée et le pêcheur avec les lignes et les appâts qui vous emmène pendant quatre heures pour mille cinq cent roupies. Cela te tente bien, c’est une chose dont tu avais toujours eu envie au cours de précédents voyages, l’occasion se présente, tu es partant. Le départ est prévu pour seize heures, en attendant tu dessines une étude de cocotiers.
Au moment du départ, la marée est à demi basse, le pêcheur se faufile à la perche entre les têtes de roches coralliennes, un bambou planté marque la passe et les eaux libres. Le diesel monocylindre est démarré et route cap à l’Est, vous vous rapprochez et  longez l’ile J. Lawrence. La mer est formée de face, tu te laisse éclabousser par les embruns tièdes, rien à voir avec les claques glacées de nos mers froides. Pendant une heure la barque fait route jusqu’à trois miles de la pointe sud de l’ile et tombe sur un pavillon flottant, marque du lieu d’un haut fond corallien.
Bipul se reprend à trois fois pour crocheter le massif avec un mauvais grappin. Les lignes sont filées ; un écrou et son boulon en guise de plomb et un poisson mort enfilé sur l’hameçon placé trente centimètres au dessus, quand tu sens que ton poids touche le fond tu tends le fil de nylon. L’attente n’est pas longue il y a une touche…raté, tu remontes ta ligne l’appât a disparu. Ben prend le premier poisson un Snipper de trente cm. Poisson jaune ou orangé assez rond comme une daurade, Roger à l’arrière en pêches aussi, tu prends un petit poisson de dix huit cm le pêcheur te dit que c’est un Tiki, les deux Français continuent de monter du poisson, Chouki l’Israélien prend son premier Snipper, sa joie est significative et il est tout ému de sa première pêche.
Roger prend un Barracuda de soixante à soixante dix centimètres qui se défend bien et avec Ben ils pêchent une dizaine de Snippers, six où sept Tikis et un Mérou de cinquante cm. qui tire bien sur la ligne est monté à bord. La nuit est tombée et la lune orangée sort de la brume, comme hier mais ici en pleine mer c’est encore plus beau.
Tu reprends deux Tikis et tu as une grosse touche d’un poisson puissant qui t’entraîne le bras avant de lâcher prise, dommage mais ça devait être quelque chose de gros qui aurait surement cassé la ligne.
A huit heures trente le retour est annoncé, le grappin remonté, la berzingue vous ramène vers la côte, la lune plus haute et encore bien pleine éclaire la mer et tes yeux habitués à l’obscurité te laissent voir les quatre iles ; Havelock en face, Peel, Bharatang, Strait et J. Lawrence Island sur tribord, sous la lune la mer brille comme un plateau d’argent. Bipul connaît bien les alignements, on peut voir maintenant les feux d’entrée de la jetée d’Havelock, le phare et les camps éclairés, il retrouve sans problème l’entrée de la petite passe. L’eau est si transparente que par trois mètres de fond la lune éclaire le sable et les têtes de coraux se distingues parfaitement, le bateau a l’air de flotter dans l’air…magique!
La marée est au plein quand l’étrave de la pirogue vient toucher le sable. Vous laissez quelques poissons à Bipul, il a fait sa pêche lui aussi, a sorti un Barracuda et d’autres variété de poissons. Vous rapportez au camp six à huit kilos de poissons que vous videz sur la plage, le Mérou est encore bien nerveux, tes doigts se sont pris au piège de ses ouïes dentelées et tu te dégage péniblement pour ne pas te blesser. Vous offrez la moitié de la pêche à la famille du Holiday In en échange d’un repas cuisiné par leurs soins prévu demain soir.




Mercredi 11
Ce matin le ciel est couvert, la pleine lune a légèrement changé le temps, un peu plus orageux. Tu passes la matinée dans la hutte  à retoucher quelques aquarelles.
Treize heures balade dans la campagne sous les larges feuilles vertes des bananiers, retour par la plage, tu as de l’eau de mer pour mettre en couleur ton dessin de bananiers, dessin d’un arrière de pirogue avec son système de relevage du safran pour l’échouage et une proue peinte d’une mâchoire de poisson.
Sous les palétuviers un groupe de jeunes Israéliens dansent, fument et boivent autour d’un i-pod amplifié, ils se font leur Woodstock, ça parait un peu dépassé mais tu peux les comprendre, après trois ou quatre années de service militaire ils ont plutôt envie de s’éclater. Il y a un coté peut-être choquant pour les iliens, ces filles en maillot de bains alors que les indiennes se baignent en sari mais l’ Indien est un homme très tolérant.
Avant la tombée de la nuit, avec les deux Français tu écailles à marée basse en barbette de l ’eau, les poissons pris la veille. Tu aperçois une pieuvre qui lâche son encre avant de se réfugier dans son trou.
A huit heure vous vous retrouvez à six autour d’une table pour manger six beaux poissons, tu goutes le Snipper à chair ferme et un peu sêche, le Mérou est incontestablement le meilleur, une belle chair avec un bon gout que tu ne peux pas comparer, le Barracuda quand à lui est assez fin, ces poissons sont tous très bons il manquait peut-être un petit blanc aligoté mais tu ne vas pas être difficile…Sanju les a cuisiné à merveille et tu cales dessus tellement il y a profusion de chair, les chiens du camp se régalent eux aussi avec les têtes et les arrêtes. Ce soir la discussion tourne autour de ce bel archipel des Andamans, tu fais quelques projets en regardant la carte et en notant les renseignements d’autres voyageurs à propos de Middle , North Andamans, on te prédit des paysages fabuleux…
Roger et Ben retournent demain sur le continent, ils ont épuisé leurs permis mais comptent revenir et le renouveler pour un autre mois, cout de l’opération: un aller retour Madras en avion.



Jeudi 12
Tu te lève, le temps est encore un peu couvert, départ des deux français en fin de matinée. Tu attends tranquillement à l’ombre que la marée descende un peu pour aller à Eléphant Bay, un peu plus au Nord que Rhada Nagar Beach sur la côte Ouest. Le bus te dépose à l’entrée d’un chemin de terre qui part vers le Nord-Ouest à travers une campagne vallonnée, de petites fermes jalonnent le début du parcours puis le chemin pénètre une petite jungle fraîche et verdoyante avec des plantes magnifiques, des hauts bambous, plantes grasses et Chatian gigantesques. Le sentier descend progressivement. En contournant les énormes racines, tu peux entendre des oiseaux aux appels particuliers, des perroquets verts jettent leurs cris stridents. Après trois quart d’heures de marche le chemin arrive à une belle mangrove, le sol est vaseux mais stable les pieds ne s’enfoncent pas. Des milliers de coquillages rampent sur le sol laissant un beau dessins de leurs traces, des petits poissons courent sur l’eau leurs deux nageoires sont comme des petites mains, les crabes se cachent. La végétation offre un spectacle monochrome de bout du monde avec ces ramifications de palétuviers comme des tuyaux plantés dans la vase, l’endroit est calme et paisible mais grouille de vie.
La plage d’Eléphant Bay est moins belle, touristiquement parlant, l’eau n’est pas très claire et les têtes de coraux très près du bord. Tu te baigne à un endroit sableux, l’eau t’arrive à mi-cuisses, plus profond c’est le corail blessant les pieds nus.
Tu retournes dans la mangrove pour faire quelques photos et une double page aquarellée non finie car il faut remonter le sentier avant la nuit. La promenade est aussi belle qu’à l’aller et la lumière plus douce. Tu retrouves la route et attends qu’un bus passe et remonte vers Vijaynagar. A la fraîche le village grouille de monde, les shops sont pleines et les raseurs coiffeurs masseurs sont au travail. Un spectacle se prépare sur le terrain de sport mais à dix neuf heures tu es invité à boire une bière par deux Françaises qui viennent d’emménager la hutte la plus proche de la mer surement la plus calme du camp, une petite terrasse donne sur la plage, elles sont toutes heureuse de leur logement.






Vendredi 13
Sous les tropiques le vendredi treize on ne fait rien!, c’est toi qui le dit et tu appliques ce nouveau concept.
Bain à marée haute suivi d’un repas au camp voisin: Espadon, frites et salade, tu te fait mal ! Dessin et aquarelle du  Pristine Resort qui possède de très belles huttes à 1200 rps la nuit.
Après-midi tranquille à l’ombre de ta hutte à retoucher quelques photos et monter le petit film de la balade d’hier, tu travaille aussi à la flute quelques gammes de Ragas appris avec Jérôme le violoniste.


Samedi 14
Grand beau temps avec une brise de Nord. A onze heures la marée est haute, tu restes une heure dans l’eau, tu traines sur la plage et avant de déjeuner tu repiques une tête dans la grande bleue, à chaque fois tu es surpris par la facilité à plonger dans cette mer à température idéale.
L ‘après-midi tu t’installe près de la mangrove à gauche du camp, l’atmosphère est moins mystérieuse qu’à Elephant Beach mais le sujet des racines de palétuviers est intéressant. Tu entames un nouveau carnet consacré à ce motif et tu sorts ton stick d’huile noir; un gros bâton gras comme du rouge à lèvres qui oblige à aller à l’essentiel. Tu n’as pas posé le premier trait que déjà un groupe d’enfants t’entoure, ils regardent sagement et intéressés  le stick parcourir la feuille de papier, les dessins sont rapides tout au plus huit. Dix minutes, La trace laissée par l’huile sur la page opposée présente un intérêt particulier, le trait est plus sensible et rythmé. Tu essayes un autre procédé en recouvrant entièrement une page d’huile noire et tu travailles en négatif en grattant la couche avec une lame, le report du dessin précédent sur la page de gauche est encore plus subtil, tu redessines  au crayon conté sur ces traces reportées. De retour au camp tu demandes au cuisinier un peu de pétrole pour diluer les dessins direct au stick d’huile.
C’est l’heure du thé, les Allemands et les Israéliens jouent au Monopoly Indien ou l’on n’achète pas des rues mais des villes Indiennes !
Le soir repas au restaurant voisin avec Martine et Sandra, deux Françaises, bonne cuisine, beau lieu décoré avec gout, musique un peu Kitch : Hôtel California et toute la musique western des années quatre vingt. Le patron sympathique avec tout le monde est un vrai J.O. de Club Med, il invite les clients à finir la soirée autour d’un feu devant la plage, l’occasion pour lui de revendre quelques bières ! de plus, il a du métier!!!


Dimanche 15
Magnifique journée à Rhada Nagar Beach ( la plus belle à l’Ouest). La marée commence à descendre quand tu plonges avec masque et tuba, cette fois tu pars un peu plus au large à l’aplomb du massif de corail. Sous cinq à six mètres d’eau bien claire tu retrouves le monde du silence, les poissons sont plus gros que sur le récif et les coraux sont variés et colorés. De gros poissons de cinquante à soixante dix centimètres de long nagent en profondeur prêts à se cacher dans les grandes cavités. Entre deux eaux tu pénètres un banc d’une centaine de poissons jaunes à peine effarouchés, ils restent tranquille à un mètre de toi, quand tu avances ta main ils prennent juste un peu de distance. Les plus beaux sont striés jaunes cadmium foncés et bleus profonds ou très noirs avec un bec et des nageoires rouges feu.
Cette fois tu essayes de nager les jambes un peu enfoncées dans l’eau pour éviter le coup de soleil. Tu y retourne deux fois pendant une bonne heure et tu te régale. Au sec tu tentes une aquarelle de ce beau spectacle.
En fin d’après-midi tu marches vers le Nord et passes dans une autre crique plus sauvage, de grands arbres déracinés gisent sur le sable, les troncs sont comme pétrifiés et les racines gigantesques telles des sculptures pointent leurs désolations vers le ciel. Tu photographies ces fantômes, En fin de pellicule tu t’aperçois que tu n’as pas d’autres rouleaux avec toi, première fois que tu tombes en panne, manque de préparation et de concentration,  effets des tropiques ?…
Le soir dernier diner avec les Françaises qui quittent les Andamans demain, le Full Moon offre une bonne cuisine, tu choisis un poisson cuisiné Tandori, un de ceux que tu aurais pu observer cet après-midi. La nuit est fraîche et étoilée, à Vingt trois heures il fait 22,5° et le taux d’humidité et de 72 pour cent.

Lundi 16
Ce matin tu travailles sur le carnet « Mangroves », stick d’huile, crayon conté, colle, sable, résultats intéressant. les pousses de mangroves avec ombres portées et travail sur les traces de coquillages rampants dans la vase.
Vers midi les filles partent pour l’Inde, la vraie (ici c’est plutôt l’Eden), la marée est encore assez haute pour se baigner, la nuit fraîche et le ciel couvert a refroidi l’eau mais tu ne te plaint surtout pas et tu plonges sans hésiter une seconde.
Tu pars sur la gauche de la plage pour récolter quelques coquillages qui pourront te servir à des compositions de bas reliefs. Tu cherches ceux qui sont usés par le ressac, qui ont une forme d’os. Tu cherches aussi des opercules de coquillages avec une spirale bien dessinée et légèrement en relief, tu penses faire des bas-reliefs d’offrande à Shiva, d’ailleurs tu appends par la suite auprès d’un fabriquant de bijoux en coquillages qu’ils se nomment Shiva Shell, il n’y a pas de hasard!
Au village tu prends une connexion Internet pour répondre au courrier des élèves d’écoles du Val d’Oise, c’est un petit contrat avec l’éducation nationale qui paye ton billet d’avion. Tu arrives à envoyer un texte et une image en basse définition ça te prend une bonne heure car le débit est très lent.
Repas de fruits dans ta hutte; petites bananes et mangues juteuses à souhait.
Tu dessines la carte de l ‘archipel des Andamans pour ton blog. En fin de semaine tu comptes quitter Havelock pour rejoindre Long Island par bateau, rejoindre ensuite Middle Andaman et monter vers le Nord en reprenant le rythme du voyage.

Mardi 17

Matinée passée à travailler une planche botanique pour le carnet de voyage. tu colles des pétales de bougainvilliers, d’hibiscus roses indiens et pourpres rayés d’oranges, de petites fleurs blanches en forme d’hélices. sur cette double page tu dessines et peints deux grosses graines trouvées sous les arbres géants de Rhada Nagar.



Vers dix heures trente tu prends la plage à gauche vers le village numéro un et le port, tu marches en regardant tes pieds pour compléter ta collections de coquillages, le regard se perd parmi les débris de corail, les Bernard l’ermites qui traînent leur coquille dans le sable et dessinent des réseaux de pointillés et les dizaines d’autres variété de coquillages.
La balade dure deux heures avant d’arriver prés d’un ferry amarré à la jetée, tu déjeunes de deux œufs sur le plat accompagné d’une Paratha (galette de blé pâte non levée), un Indien passe parmi tant d’autres, tu bondis - James Anthony Verone! L’ancien serveur du Blue Sky Cafe de Sudder street à Calcutta. Tu le connais depuis une vingtaine d’années, quand il était plus jeune, dans les années quatre vingt dix il se faisait appeler Michael et était Le Michael Jackson du quartier; cheveux longs, chapeau noir, les yeux maquillés quand il ne les cachait pas derrière des larges lunettes de soleil. Tout le monde l’appelait Michael. La dernière fois que tu l’a revu, c’était en 2005, il voulait qu’on l’appelle de son vrai nom, il en avait assez de jouer une caricature. James cette année là te parlait de son grand rêve: partir aux Andamans pour monter son Blue Sky, son Blue Cafe ou son My Dream.
Il t’append qu’il est arrivé à Havelock il y a trois mois, qu’il est employé serveur dans un beau Resort pour riches Indiens middle class, qu’il pense toujours à son projet, qu’il faudrait qu’il apprenne à faire la cuisine ! Tu l’encourage. Ce garçon à réussi à quitter la rue de Calcutta, son rêve se réalise petit à petit, c’est mieux ainsi, Calcutta aurait pu le broyer, James avait une petite tendance picole et drogue qui lui avait brulé quelques neurones. Il t’invite à prendre un café où il travaille, son bon Anglais et sa connaissance du service l’ont sauvé, vous discutez amicalement pendant une bonne heure.
Tu rentres à Vijaynagar avec le bus au moment de la sortie d’ écoles, les enfants en uniformes bleu marine et bleu ciel sont déjà bavards comme des …Indiens.
Le village est moins désert qu’à midi, les chai shops se remplissent doucement, tu n’y tarde pas car ta plage va bientôt être à l’ombre, en marchant tu ramasses quelques coquillages. En ce moment la marée perd de l’ampleur et curieusement, au bord, l’eau est fraiche mais plus au large baigné par un soleil qui chauffe encore, c’est un régal.
 
A l’Holiday Inn; Ben le Français est déjà de retour de Madras et Mahalabipuram où il s’est fait envoyer des Euros via Western Union..
Roger, le toubib breton a choisi de se re-poser sur Neil Island histoire de voir d’autres coraux que ceux d’Elephant Beach.
Repas et discussion de voyage avec Ben, tu lui donne quelques plans qui pourraient lui rendre service pour ses projets de voyage à Kolkata, Bénarès et Jaisalmer.



Mercredi 18
A huit heures tu loues une moto pour faire le tour des quelques routes de l’île, deux cents roupies la journée, le loueur te dit qu’il y a assez d ‘essence…le klaxon marche donc tout va bien! La Yamaha deux temps est un peu bruyante, son échappement n’est plus de toute jeunesse. Tu prends la route de la côte Est, on t’a parlé d’un camp d’entrainement pour éléphants à voir le matin. Le petit bandeau de bitume longe la mer et les cocotiers à six ou sept kilomètres une pancarte indique le camp accessible par un petit chemin de terre carrossable.
Il est neuf heures, quelques hommes du camp t’annoncent la venue des pachydermes vers dix heures. En attendant tu marches sur la plage parsemée d’arbres géants morts, déracinés et blanchis par le sel, une vision apocalyptique et étrange, tu photographies et dessines. A dix heures on te dit que les animaux seront là à onze heures, quelques touristes Indiens patientent aussi en posant devant les arbres morts, à onze heures tout le monde a vidé les lieux sauf les gardiens du site qui maintenant te disent que les éléphants Arlésiens viendront demain…
Tu redémarres la moto, tu fais dix mètres et c’est la panne sèche, sur un sentier dans la jungle: la tuile! Tu aurais du vérifier par toi-même le réservoir, un homme te renseigne sur la proximité d’une pompe: Vijaynagar le village numéro trois à huit kilomètres. Tu pousses la moto sur le sentier pour retrouver la route où tu penses trouver un rickshaw qui te ferait faire l’aller retour, tu connais le tarif: deux cents roupies s’il ne profite pas de l’occasion pour doubler la mise!
Tu es sur la route depuis cinq minutes de poussette quand un couple Indien de Bangalore sur une belle Enfied s’arrête et te propose de te donner un peu d’essence, tout s’arrange très vite en Inde! Le seul problème c’est que sa moto est une quatre temps, l’essence est sans huile, il te rassure, il suffit de rouler doucement pour ne pas faire trop chauffer le moteur.
A Vijaynagar tu achètes cinq litres d’essence et trois doses d’huile, de quoi faire plusieurs fois le tour de l’île. Tu déjeunes d’un plat Israélien dans une gargote Indienne, une crêpe fourrée de légumes et d’œuf.
Cette fois tu prends la direction de Rhada Nagar vers l’Ouest, tu bifurques en empruntant  une route qui part vers le Sud, la campagne est belle mais la route s’arrête au village numéro six: Krishna Nagar. Demi-tour tu remontes sur Vijaynagar pour reprendre la route de ce matin, tu à vu qu’elle continuait après le camp des éléphants. Au passage tu remarque une belle plage de sable, tu t’y arrêtera au retour. La route s’enfonce dans la jungle, arrive à un dernier Resort de huttes, un tea shop où tu fais une pause, Quand tu repars c’est la fin du goudron et la route devient une piste de graviers gros comme le poing, tu roules doucement sur les parties tassées par le passage de véhicules en priant dieu que ton pneu tienne bon. Le paysage a changé, la forêt a laissé place à quelques petites fermes et des champs cultivés.
Un croisement; tu choisis la piste de gauche qui part vers le sud mais après deux kilomètres la route est coupée par des travaux. Demi-tour direction la plage remarquée auparavant, le sable est maintenant à l’ombre mais l’eau est délicieuse et tu y restes un bon moment.
Tu remontes doucement vers Vijayanagar en prenant des photos d’arbres, de racines et de lianes.
A cette heure la lumière est belle, tu pousses jusqu’à Rhada Nagar à l’ouest. Tu rends la moto avant la nuit et traine un peu au village.

Jeudi 19
Dernière journée sur Havelock, tu t’arrange avec le propriétaire du Holiday In qui te propose pour quelques roupies de faire ta réservation pour prendre le ferry pour Long Island. Tu fais une bonne lessive, prépares tes textes pour envoyer des nouvelles en France car tu n’es pas sur de trouver des cafés Internet sur Middle et North Andamans. Il faudra attendre ton retour sur Port-Blair prévu vers le deux ou trois mars!
A midi la température est à trente degrés.
En fin d’après-midi dernier bain sur la plage de Vijaynagar et tu pars au village faire quelques courses et essayer de te connecter.
Le manager t’annonce qu’il n’y a pas de ferry, demain, pour Long Island mais seulement pour Rangat un peu plus au Nord, il te propose de partir samedi. Samedi il Y a des risques que les bateaux soient completS tu décides d’aller directement à Rangat ce qui contrarie l’homme qui pensait que tu resterai une nuit de plus dans son camp…


ARTICLE 4: LES ANDAMANS partie centre et Nord - Publié à 09:52, le 6/04/2009,
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Vendredi 20
Tu te lève à six heures afin de régler cette histoire  de billet de ferry, tu demandes si ton commanditaire a bien réservé un bateau pour Rangat, il ne comprend pas pourquoi tu es pressé de partir, tu lui dit que tu dois retrouver des amis dans le Nord de l’archipel, il faut savoir mentir quelques fois pour arriver à ses fins… tu traines un peu pour régler la note, notre homme téléphone et à huit heures tu as ta réservation en main. Un rickshaw te dépose à l’embarcadère, à huit heures trente trois ferrys accostent, tu te place dans la file d’attente beaucoup de gens repartent à Port-Blair, à neuf heures moins dix un marin cherche les passagers pour Long Island, le manager t’a planté, il y a bien un bateau pour cette ile encore une fois tu aurais du t’occuper toi-même de tes affaires, tu penses faire confiance aux locaux qui devraient mieux connaître le terrain mais c’est toujours une erreur en Inde.
Quand tu montreS ton billet on t’indique le bateau pour Rangat en te précisant qu’il faut te dépêcher, c’est le premier à partir. Tu cours sur la jetée, ton ferry est entrain de larguer les amarres, tu vas le rater. Tu cries Rangat, Rangat! Le bateau continue de s’écarter du quai mais on t’a entendu, il manœuvre pour que tu puisses sauter le bastingage.
A bord il n’y a qu’un étranger, c’est un Français qui prend ses vacances en visitant les sites de plongée sous- marine d’ Asie. iL part pour Long Island avec quatres gros sacs de matériel.
Tu récupères ton souffle, tu viens de prendre une bonne suée, la mer est belle, le ferry longe une dizaine d’iles, à dix heures trente tu pourrais descendre à Long Island, ta première idée, mais à l’approche de l’ile un ou deux Resorts et un village de dix maisons, parfait pour jour les Robinsons, pour être tranquille ça a l’air plus que calme, pas sur que les deux camps soient ouverts. Après avoir passé quatorze jours de plage à Havelock, tu décides de continuer jusqu’à Rangat…
Encore une heure trente de navigation et le bateau accoste une jetée au lieu dit: Nimbutala, tout le monde descend, tu es arrivé.  trois maisons c’est le terminus. On t’a parlé de » Ankunj Beach mais renseignements pris il n’y a pas de quoi se loger. Tu montes dans une Jeep collective qui pour dix roupies te monte à Rangat deuxième ville de l’archipel…!
Rangat ressemble plutôt à un gros village que tu découvres après six kilomètres de montée dans la colline.
En ville tu constates que tu es de nouveau en Inde, le tourisme de masse (encore que…) s’arrête à Havelock, le bourg se compose d’une grosse rue principale et trois ou quatre rues latérales plus petites.
Les personnes que tu croises te sourient aimablement , pas de doute les « Westerns » ne les ont pas pollués.
Tu poses ton sac dans une gargote Indienne, au menu: meal, ce qui veut dire assiette de riz blanc et légumes en sauce épicées tu peux prendre en plus du poulet ou du poisson. Tu laisses ton sac en garde dans la gargote en toute confiance afin de visiter les hôtels du patelin, deux jeunes dont un Assamai t’accompagne gentiment. Le premier lodge visité est complet, les trois suivants offrent des chambres petites ou crasseuses, tu retourne près de la gargote, tu en a vu un autre, c’est le bon: deux cents roupies, chambre claire, personnel accueillant. Douche et pose.
Quinze heures trente tu sors, le chai shop ne prépare son thé qu’à seize heures, en attendant tu fais une aquarelle de la petite rue aux toits de tôles. Comme d’habitude les enfants arrivent - Artist Artist! Sandip  un gamin de dix ans qui habite la masure d’à coté, t’apporte son cahier de dessins, tu lui offre un crayon de sanguine et lui fait son portrait. Deux russes s’arrêtent et discutent, tu te sens bon en Anglais!, puis un couple de Français, mais ces bavardages t’emmènent jusqu’au moment où la lumière est trop juste pour photographier. A ce moment  la rue principale qui paraissait un peu vide ce midi s’anime, les rideaux de fers qui étaient baissés laissent maintenant voir leur marchandises. Tu apprécies ce bourg car il est très vivant mais tu ne souffre pas de la pollution et de la circulation, il y a des véhicules mais sans excès, tu peux traverser la rue sans te sentir une cible potentielle, tu te sent bien en Inde peut-être comme il y a vingt ans!. Tu empruntes une ruelle qui pénètre un joli petit bazar et débouche dans un marché piétonnier : légumes, fruits, viandes, poissons, ferronneries et épiceries.


Les boutiques sont belles, malgré la nuit tu fais quelques photos numériques des devantures, les marchands sont souriants et apprécient que tu t’intéresse à eux, il faudra revenir avec le moyen format et plus de lumière!
Petite visite au temple de style Sud de l’Inde en miniature, en entrant à droite; la table des neuf planètes, le sanctuaire central abrite un beau Ganesh noir, le prêtre te pose un peu de cendre entre les deux yeux et t ‘offre deux pâtisseries.
Le fond du temple montre le Dieu Shiva peint sur une montagne en relief, en sortant à droite: une belle sculpture de Durga, bien noire avec deux yeux plus que vivants ! Tu laisses ton obole sur la table au neuf planètes.
Plus loin tu achètes quelques images pieuses chez un encadreur : la famille de Shiva au grand complet, une Trimurti avec une vache qui arrose de lait un Lingam et une image de Saint Antoine de Padoue bien kitch!
A vingt heures tu dines au bar-restaurant de ton hôtel: le P.L.S.( palace ??) Bhavan, Le P.L.S. fait hôtel, auto école et…Bar à bière! A cette heure les hommes viennent prendre leur dose d’alcool: un flash de whisky et un litre d’eau pour diluer.
Bonne surprise ce soir, les moustiques sont restés à Havelock, dans la chambre il fait soixante dix neuf pour cent d’humidité et vingt six degré virgule cinq. Il est minuit.


Samedi 21
Tu es réveillé par les Indiens qui écoutent leurs TV à fond, la porte de leurs chambres grandes ouvertes  à six heures du matin mais comme ça tu te retrouves assez tôt dans la rue. Vers huit heures le soleil cogne déjà fort et tu cherches l’ombre à l’abri des auvents de boutiques. Le marché aux légumes est désert, tu quitteS le bourg en marchant sur une petite route de campagne, les indiens se protègent avec un parapluie. Retour en ville tu te met à une aquarelle, assis sur le banc d’une pharmacie, sujet: un des rares carrefour de Rangat.
A midi tu déjeunes dans ta gargote, un homme déjà éméché qui t’a vu peindre, veut absolument te payer ton repas, tu n’es pas d’accord, il insiste et est très peiné par ton refus. Il aurait été à jeun tu aurais pu accepter mais là la situation n’est pas claire. Tu photographies le cuisinier et après le repas, recherches une boutique photo pour lui offrir un tirage, tu te contente d’une impression numérique qui ne résistera pas à une mousson. Quand tu lui tend l’enveloppe, il te remercie mais ne l’ouvre pas, tu lui fais signe de la regarder mais il la cache sous sa chemise! Reflexe culturel typique- ment Asiatique par rapport au cadeau ? Tu avais déjà remarqué que les Tibètains n’ouvrent jamais leurs présents devant toi, par pudeur peut-être ??
Tu passes les premières heures de l’après-midi à l’Indienne, c’est-à-dire à l’ombre allongé sous le ventilateur.
A quinze heures trente il n’y a pas encore d’animation dans la rue principale, tu te dirige vers le marché aux légumes appareils photos en bandoulière. Les étals sont installés; poissons, crabes, crevettes et bien sur fruits et légumes. Séance de prise de vues, tu es armé en quatre cents ISO, c’est un bon choix, le marché étant partiellement couvert. Tu promènes ton appareil digital en mode vidéo et fais le tour du propriétaire. A l’heure du thé tu t’installes dans une tea shop au centre du marché, tu te lance dans un dessin que tu mettras en couleur plus tard.
A la nuit tombante tu entres dans le petit temple Dravidien, hier tu n’avais pas remarqué l escalier qui mène a un sanctuaire surélevé, tu domines les toits de tôles du village. Le brahmane est toujours là il te fait une Pujà et t’offre deux pâtisseries.
Retour à la chambre, tu mets ton aquarelle en couleur, à huit heures tu donnes un coup de fil à ta maman; c’est ton anniversaire, tu ne peux que la remercier te t’avoir mis au monde. Ce soir le repas est royal; crevettes frites, crevettes Manchourians, salade de tomates, chappattis et deux bières kingfisher.
Tu prépares ton sac, règle ton réveil à trois heures quarante cinq ; tu comptes attraper le bus express à quatre heures trente pour Diglipur.





Dimanche 22
Le bus est à l’heure et le chauffeur ne doit pas être végétarien, il a mangé du cheval ! Dés les premiers kilomètres tu fais des bonds de quarante centimètres sur ton siège, tu te cramponne, ton sac sous le siège a déjà gagné trois places. Il fait très frais, il n’y a pas de vitres, tu t’enroule dans ta couverture. La route longe un bord de mer rocheux pendant que l’aube pointe, elle grimpe ensuite dans les collines boisées et s ‘enfonce dans la jungle, redescend dans des vallées humides et brumeuses où tu peux observer de petites fermes et des terrains agricoles, elle remonte aussi sec dans la jungle avec des arbres géants, des forêts de bambous et des palmiers de toutes races.
Les femmes blanchissent à vue d’œil et sont malades elles se penchent dangereusement par la fenêtre pour vomir. Le chauffeur est toujours pied au plancher prenant de l’élan dans les descentes pour monter les côtes, attaquant les virages le klaxon bloqué, en fait arrivé à Diglipur, il repart aussi sec pour Rangat en tout huit heures de conduite.
Arrivé à Diglipur, les boutiques sont fermées, c’est dimanche, il te reste vingt cinq kilomètres à faire en mini bus pour atteindre Kalipur le bout du monde. A droite de la route le Tortle Resort, à gauche vers la mer; Le Pristine qui loue des huttes à prix raisonnable.
Ici et à cette heure la marée est basse, devant toi un plateau de corail mort et à sec, il n’y a pas âmes qui vivent, à droite une petite baie, à gauche des rochers, une petite île atteignable à la nage et une bande de sable vers laquelle tu te dirige. L’eau est bonne et peu profonde, vers le corail qui émerge un trou d’eau profonde, le bain est bon après ces quatres heures de bus fou. Tu distingues deux hommes qui reviennent de l’ile, ce sont les Ukrainiens rencontré à Rangat, l’un d’eux te prête son masque, tu y retourne d’emblé, au bord les coraux sont un peu ternes mais l’eau très claire laisse voir pleins de poissons, tu en croise un qui a comme de longues plumes, tu t’abstiens d’y toucher, il n’a pas l’air très catholique. Même dans vingt centimètres d’eau, tu t’allonges sans bouger et des petits poissons multicolores et curieux viennent te regarder.
Sur la plage il n’y a pas d’ombre contrairement à Havelock et le soleil de midi t’oblige à regagner ta hutte, tu pars pour une petite sieste mais tu te réveille à dix sept heures, le jour ne va pas durer, tu remets ta balade à demain.
Trois voyageurs déjà rencontrés à l’Holiday d’Havelock débarquent au Pristine, vous êtes en tout et pour tout huit occidentaux à occuper le camp, on ne se bouscule pas!
Le soir au diner tu rencontres un couple de Français arrivés hier de Port Blair, ils t’indiquent  une plage à cinq minutes où, la nuit des tortues viennent pondre à marée haute. Vers vingt et une heures tu vas y jeter un œil mais ce soir tu n’y vois que des crabes qui galopent sous le faisceau de ta lampe.

Lundi 23 février
Petite promenade pour chercher le village de kalipur, la petite route court dans la campagne, tu croises quelques maisons et deux boutiques. Tu prend un petit chemin dallé vers la mer et abrité du soleil par une petite jungle, il y a quelques maisons de palmes, une petite école et un terrain de volley… Le chemin se transforme en sentier de terre et tu arrives près d’une mangrove où sont amarrées deux barques, Tu t’installe à l’ombre pour faire une aquarelle et profiter de ce lieu paisible. Des femmes armées de cannes et d’épuisettes pêchent des crabe.



Au retour tu te baigne à marée basse sur la plage au tortues, il faut marcher un moment pour atteindre un niveau qui permet de nager, tu vois une ombre dans l’eau, une belle méduse progresse vers la plage suivie d’un petit poisson.
De treize à quinze heures tu restes à l’ombre  puis tu prends la plage vers la droite pour marcher dans les boules de laves pétrifiées vers une pointe. Il ne faut pas trainer, la marée va remonter et il faut passer la mangrove avant qu’elle ne se remplisse. En fin d’après-midi tu te baigne face à la petite ile et rentres au camp avant que les mouches de sable ne t’attaque, tu as vus des cratères pas jolis du tout sur les jambes de certains touristes.
La nuit tombe sans prévenir, tu entends de la musique de temple, ce soir c’est Shivaratri une fête Hindoue très importante, surtout dans les ville sainte comme Bénarès où tu as pu y assister en 2005. Ici le petit temple du hameau est très modeste, il n’y a ni sculptures ni colonnes, seuls quelques posters colorés de la Shiva Family ornent les murs. Le sanctuaire si l’on peut appeler ça un sanctuaire est un petit socle supportant un lingam, pour l’occasion des bougies ont été allumées et des offrandes de fruits attendent la bénédiction du brahmane. A quelques mètres de l’abri un grand chaudron de légumes est en train de cuire. Les jeunes filles ont toutes du jasmin accroché dans leurs coiffures, les garçons s’occupent à suspendre des décorations de papier sur les murs.




Mardi 24
Matinée tranquille au camp, tu discutes avec « Oncle » le propriétaire du Pristine, il est en train de faire construire cinq bungalows avec salle de bain et…baignoires ! Il te fait visiter le chantier: salles de bain carrelées en dur, chambres en bois verni et murs en béton, petites véranda et sols en carrelages imitation bois. Tu lui conseille d’installer une lampe à la tête du lit contrairement à toutes les chambres d’hôtel Indiennes qui ont un néon toujours placé à contre jour (lecture difficile) Chaque bungalow lui coute trois millions de roupies.
Tu loues un masque et un tuba pour aller visiter les fonds de la petite plage, à dix mètres tu peux déjà admirer un beau massif corallien et des poissons par centaines. Tu décides d’aller voir la petite île en face, il te faut nager pendant trois ou quatre cents mètres. Au milieu du passage l’eau est plus froide et le clapot important,  le fond doit être à dix mètres, tu peux voir de fines anguilles onduler dans le courant et quand tu plonges ( un Français t’a appris à décompresser en pinçant ton nez et en soufflant pour comprimer l‘air dans tes oreilles) les anguilles se rétractent dans leurs trous. Aux abords de l’ile les coraux sont énormes et colorés; en formes d’arbres ou ronds striés de zigzags ou mauves lumineux comme des décorations de noê. De grands bénitiers déploient leurs fleurs violettes. Tu croises un gros poisson Capitaine avec une bosse sur le front il doit bien mesurer un mètre.
Une crampe au pied se fait sentir, tu pourrais te reposer sur l’ile mais l’accès nu pied par les coraux pourrait te blesser, tu es tout seul, pas de risque inutile, à regret tu rebrousses chemin et quand tu arrives sur la plage de départ, tu es épuisé et tes poumons te brulent, il est certain que tu manques d’entrainement ! Et il est surement préférable pour nager longtemps d’avoir des palmes. Tu es quand même resté deux heures dans l’eau, la faim te tiraille tu rentres au camp avaler une assiette de pâtes aux crevettes.
A quinze heures tu n’as pas le courage d’aller marcher et tu choisis l’option sièste, il est un peu tard mais cette balade dans l’eau t’a épuisé.
Avant la nuit tu te dessale sous une douche. Au repas du soir Alex un Franco-Finlandais te montre ses films et images de plongée aux Maldives. Là c’est carrément le top, il a plongé, avec bouteille d’oxygène, au milieu de requins de deux mètres, filmé des murènes aux couleurs extravagantes, des raies Mantas et des poissons énormes pesant peut-être quatre ou cinq cents kilogrammes, nagé avec des tortues, les images des coraux sont hallucinantes.
A vingt et une heures trente tu retournes sur la plage aux tortues, ce soir elles sont là, trois Indiens ramassent les œufs, ils t’indiquent que tu peux aller en voir une qui vient de pondre et qui retourne à la mer, il ne faut pas trop l’éclairer pour ne pas la désorienter. Un homme est accroupi derrière une autre à moitié enfoncée dans le sable elle est en train de lâcher ses œufs, le trou est profond et il en ressort environ une centaine. Il les ensablent à nouveau dans une nursery, un bébé tortue cavale vers la porte de sortie, il l’emmène au bord de l’eau et aussitôt il disparait dans les flots. Il t’explique que s’il ne ramassait pas les œufs, des Varans se postent derrière la tortue et mangent les œufs au fur et à mesure de la ponte.




Mercredi 25
Après ton petit déjeuner tu es en panne de cigarettes, tu pars sur la route, le premier tea shop en a mais ne les vends qu’à l’unité, tu en achète deux. En revenant tu te baigne à marée haute , au matin l’eau est fraîche sur la plage aux tortues. Le soleil te sèche vite et tu vas t’abriter sous un kiosque en paille, tu dessines de mémoire la scène de nuit de la ponte. Un Indien s’allonge sur le banc d’en face et se tripote sous son pagne, tu as déjà vu ça fréquemment en Inde … Tu quittes le lieu. En rentrant par la plage tu colles du sable sur une page du carnet pour dessiner les traces de bébés tortues.
Tu te pose dans ta hutte, petit à petit, tous les jours la température monte, il fait trente degrés à l’ombre.

Vers quatorze heures tu files vers la petite plage avec masque et tuba, tu explores la partie Est du récif en poussant plus loin que le premier jour. Les coraux sont parmi les plus beaux que tu aies jamais vu. Les poissons peut-être un peu plus farouches qu’autour de la petite ile d’en face mais tu vois quand même de beaux spécimens, en nageant en surface dans quatre mètres d’eau, juste sous toi tu vois un gros serpent de mer qui ondule et nage rapidement, il est annelé noir et bleu ciel et mesure bien deux mètres de long, il ne fait pas attention à toi, tu le surveille quand même au cas où, mais il passe tranquille et majestueux. Tu passes trois quart d’heure à observer les coraux colorés, tu vois deux grands bénitiers qui ont déployés leurs corolles.
Retour au camp pour un dessalage et tu prends la route à droite pour aller voir ce petit port de pêche près de Aréal Bay. Tu as raté le bus à cinq minutes près, le prochain est dans une heure, autant marcher dans cette belle campagne, c’est la bonne heure, les arbres projettent leurs ombres sur la petite route
Un rickshaw scooter s’arrête mais il est trop gourmand pour les huit kilomètres à faire, deux minutes après un autre est plus sérieux, pour vingt roupies il t’emmène.
Le village de Jungligath à Aréal bay est agréable, une vingtaine de petites shops, c’est l’heure du chai, tu fais des photos au Rolleiflex. La jetée principale est interdite au public, c’est dommage deux cargos en bois sont en chargement. Plus loin, au coin d’une baraque en bois; un petit chantier naval et une belle vue en contre jour du soleil qui descend sur l’estran. Au loin une ile dessine ses cocotiers à l’horizon voila qui fera ton affaire pour une aquarelle, l’attaque des moustiques t’empêche dela mettre en couleur et tu te replie au chai shop de la place du village pour attendre ton bus, quand tu montes dedans, deux touristes sont en route vers le Camp Pristine, d’autres sont arrivés, au repas du soir Sanjay le cuisinier à du pain sur la planche, demain sera plus calme; un couple d’allemand, ta femme et toi doivent quitter le camp au matin , tu commences à descendre tranquillement vers Port-blair.





Jeudi 26
A sept heures trente: départ du Pristine, d’abord un premier bus pour Diglipur où tu en prends un autre pour Maya Bunder; deux heures trente de route en descendant vers le Sud jusqu’après le pont qui relie North et Middle Andaman.
Maya Bunder est une petite ville placée sur une presqu’ile et entourée de dizaines d’autres iles non habitées si ce n’est q par les crabes ! en effet dans cette région la mangrove est très présente. La petite ville surplombe la mer des deux cotés de la rue principale. Le tourisme avait une certaine importance avant le Tsunami, depuis on sent que beaucoup de choses n’ont pas été reconstruites, certains sites ont été ensablés et à d’autres endroits c’est  le contraire; les rochers ont remplacés les belles plages.
Il reste pourtant quelques hôtels, pour les visiter et choisir une chambre, tu fais l’erreur de marcher avec tes bagages sous le soleil, les Lodges sont éloignés de huit cent mètres les unes des autres et finalement après deux heures de marche tu reviens en centre ville où près du bazar tu te pose au Anmol Lodge, un hôtel pour Indiens mais la chambre est fraiche et spacieuse. Aux Andamans la circulation est faible en ville et c’est plutôt agréable de se trouver au cœur d’une petite communauté vivante.
A quinze heures trente tu sorts visiter le bourg, un chemin descend sur la cote Est, tu traverses un quartier Musulman puis Hindou avec de beaux petits bungalows en bois. La marée est basse et près du port de pêche la bande de sable est polluée de détritus. Tu remontes sur la rue principale et pars vers le Nord, la vue sur l’Ouest est magnifique, à l’horizon des dizaines d’iles sont chargées de végétation.  Plus loin et plus bas du distingues une digue et un port où un cargo d’une certaine importance est amarré. Tu assistes à un coucher de soleil comme on en voit que dans les iles.
De retour en centre ville tu prends un chai assis sur une marche comme le font ici les habitants. Quatre femmes discutent assises, il y a une belle gamme colorée avec la nuit qui est tombée.
Au marché tu achètes quelques tomates, des bananes,  des Pakoris et des biscuit au chocolat pour prendre ton repas à la chambre et travailler un dessin et une aquarelle d’après photos.



Vendredi 27
Visite de la côte Est de Maya Bunder,  c’est le coté du village de pêcheurs. La marée est haute, des petites ruelles piétonnières descendent vers la mer entre des bicoques de planches peintes en bleus ou verts. Tu fais des photos, on t’invite dans l’une d’elles, une famille prépare un mariage, on t’offre un Tang (boisson à l’orange), l’eau est-elle filtrée? De toute façon tu ne peux pas refuser!, après deux mois de voyage tu as bu de petites quantités d’eau, tu es peut-être immunisé! Les mariés sont tout jeunes, seize ou dix sept ans, la fille a des tatouages de henné sur les mains (Mahendi), le père est occupé à cuire des morceaux de poulets et des légumes dans deux grands chaudrons; de quoi nourrir tous les voisins du quartier. Une bagarre éclate entre un adulte et un gosse de cette famille, l’homme jette le jeune à terre avec une violence extrême et le roue de coups de pieds, les adultes ont du mal à calmer l’homme qui se dégage et repart à l’attaque. On te fait signe de quitter les lieux, tu ne saura pas la raison de cette agression, en tout cas quoi qu’ait pu faire ou dire le garçon, la correction parait démesurée.
En suivant la côte tu pénètres dans une belle mangrove entretenue par des gardes forestiers, des sentiers de bambous surélevés permettent de s’enfoncer au cœur des palétuviers et de leurs ramifications exubérantes. Des nurseries de jeunes pousses montrent l’intérêt du renouveau des plantations de mangroves, un panneau demande à la population de ne pas jeter de plastiques mais dix mètres plus loin c’est un dépotoir à ciel ouvert qui encombre la plage, l’écologie n’est pas encore rentrée dans les mœurs et avec plus d’un milliard d’habitants c’est un problème majeur en Inde pourtant j’ai entendu dire qu’à Delhi les sacs plastiques étaient interdits.
A quinze heures tu te dirige vers le port et la jetée pour réserver ton retour par ferry à Port-Blair, ton intention première était de prendre le bus pour la capitale afin de traverser les zones tribales, un trajet de dix heures ou plus sur de mauvaises routes, mais des problèmes de dos t’y font renoncer, tu choisis plutôt l’option huit heures de mer, solution plus confortable, où tu peux lire, t’assoupir ou te dégourdir les jambes sur le pont en profitant du paysage des iles qui défilent lentement. Au guichet des réservations tu retrouves Krishna un Indien d’Hyderabad rencontré au Pristine de Kalipur, il visite les Andamans au pas de course mais il est sympathique, il t’invite à profiter de son appartement et de la cuisine de sa mère si tu passes par chez lui, peut-être pour un autre voyage…
Quand tu retrouves le centre ville c’est l’heure du thé et de l’ouverture des temples, coté Ouest tu en visite un au nom de Marihama Mandir, tu peux y voir un beau banian bien noueux, une sculpture d’un Naja noir émerge des racines, à coté: un sanctuaire surplombé d’un Gopuram ancien et orné de fines sculptures de Ganesh. Du temple tu assistes une nouvelle fois à un magnifique coucher de soleil sur les iles.
Plus tard tu pars diner au Sea n’ Sand, sur la route c’est la pré-nuit, le premier quartier de lune pointe son croissant vers le haut, les couleurs sont extraordinaires, la fraicheur est là et l’ambiance est au calme.
Tu commandes un Chicken do piazza qui met deux heures à arriver dans ton assiette et malgré la bière tu n’arrives pas à éteindre le feu de la sauce aux oignons. De retour au Anmol Lodge tu règles ta note et prépare ton sac, ton Ferry part demain à sept heures.



Samedi 28 février
Comme prévu le « Hut Bay » largue les amarres à sept heures. A tribord  il longe l’ile principale de Middle et South Andamans, frôle Avis Island, Long Island, Colebrooke Island, Baratang et Kid Island. Coté bâbord c’est le défilé de Oyster, Sound Island, les minuscules North, Middle et South Button, puis le groupe d’iles: Outram, Henry Lawrence, John Lawrence, Wilson, Peel, Havelock et Neil Island. La mer est belle avec alternance de petites brises et de calmes plats, des poissons volant font des vols de plus de cents mètres. Encore deux heures de cap plein Sud ; Ross Island apparait dans la brume de chaleur et le ferry entre dans Port-Blair à quatorze heures.
Tu tentes dans Mahatma Gandhi road  le Jagannath Lodge conseillé par le guide, une chambre au deuxième étage fait l’affaire.
A quinze heures trente tu vas à la découverte de ce quartier de Phoenix Bay, tu grimpes M.G. Road, à droite il y à un beau panorama sur la baie, des ruelles descendent vers la mer avec de belles maisons de planches, tu iras faire un tour par là demain… Pour le moment tu restes sur les hauteurs à la recherche d’un endroit pour te restaurer, une gargote fait du Masala Dosa un plat d’Inde du sud. Au retour tu t’arrête dans un bar pour siroter une bière fraiche, dans la semi obscurité  les hommes prennent leurs doses d’alcool, certains ne prennent même pas la peine de retirer leurs casques de moto, tu n’as jamais vu de femmes dans ces lieux aux allures de bouges.
Au couchant l’air est encore chaud, les petites iles bénéficiaient d’une réelle fraicheur mais ici, la ville pollue l’air et les oreilles, tu avais oublié le tumulte de l’Inde, Port-Blair fera la transition avec Kolkata en espérant que mars ne sera pas trop chaud plus au Nord. La chambre qui te paraissait fraiche au moment du cagnard est à vingt heures bien chaude, tu fais tourner le fan, prends une douche froide et le temps de laver ta chemise tu es complètement sec. A vingt deux heures il fait encore vingt neuf degrés.

Dimanche 1er mars
Tu te réveille en nage, ta fenêtre est plein Est, à sept heures le matin il fait trente degrés dans la chambre, tu ouvres la vitre, il y a du vent, c’est mieux.
Tu sorts à dix heures trente, remontes Mahatma Ghandi Road et prends un chemin qui descend entre les bungalows de bois, en haut d’un escalier tu t’arrêtes pour dessiner. La meute d’enfants est déjà autour de toi, tu te pensait tranquille, il ne faut pas venir en Inde! Tant bien que mal tu arrives à tes fins au milieu de piaillements et de bavardages excités, tu mets quelques couleurs, tu finiras plus tard…Tu prends un petit déjeuner tardif composé d’une omelette, deux chappattis et d’un Coca, le thé ici, c’est avant neuf heures et après seize heures.
Tu passes les heures chaudes à travailler: peinture, retouchez de photos et musique, c’est pas bon la vie?
A quinze heures tu sorts.  Juste à coté de ton hôtel tu remarques un petit temple Bouddhiste, un escalier monte au Stupa abritant sous ses quatre faces des Bouddhas de marbre blanc de style Birman. Par terre tu ramasses des feuilles du Bouddha three, tu cherches l’arbre; il est sur le coté, un Banian bien noueux.



A seize heures tu vas mettre ton blog à jour, tu n’as pas donné de nouvelles depuis dix jours. Ici la connexion est rapide mais c’est ton article qui sature au moment de l’enregistrement.  Après deux heures de travail, tu perds la moitié de ton courrier et tu n’as pas le courage de remettre ça .
Dix neuf heures tu as raté l’heure du thé, décidément c’est  un jour sans.  Tu remontes M.G.Road pour retrouver un bar-restaurant aperçu hier soir, c’est le premier bar Indien un peu chaleureux avec une déco marine: bois vernis, hublots, vitres faites de passerelles de bateaux et gilets de sauvetages accrochés aux murs. Le menu propose des crevettes mais c’est encore l’Arlésienne… Tu prends juste une bière et tu redescends près du Jagannath et mange un  Tali au New Indian Cafe, le serveur t’explique qu’en raison de la venue de Sonia Ghandi dans les iles Andamans (c’est la campagne électorale qui commence), les pêcheurs ont l’interdiction de sortir en mer pour quelques jours (les terroristes de Bombay étaient venus par un bateau de pêches), donc pas de crevettes ni poissons ni fruits de mer.
Ton Tali de poulet au gingembre n’est pas mauvais du tout, tu reprends une deuxième assiette de riz pour finir tes sauces. Tu n’étais plus habitué à manger aussi copieusement les restaurants pour touristes dans les iles ne servaient que de petites assiettes.

Lundi 2
Le matin à six heures on frappe à ta porte, tu ouvres avec ta tête de pas réveillé, c’est un chauffeur de rickshaw qui vient te proposer ses services: - Airport sir ? - Not to day! -Tomorow sir ? - Not tomorow, after tomorow!  -Ah! Ok sir, yesterday no problem!, give my phone number…??!!!
A sept heures c’est l’homme de ménage -To day going?  - not to day ! - Tomorow going ? -not tomorow, yesterday??
-Ah Ok sir, after yesterday  going, no problem ?? !!!!
Neuf heures trente tu montes Aberdeen Bazar et prends un rickshaw direction la Jetty ( pour les rickshaws c’est comme à Calcutta: tu montes d’abord, tu donnes ta destination et une fois arrivé tu demandes le prix ici c’est vingt roupies, tu aurais demandé le tarif avant il t’aurait matraqué, mais il y a des fois il vaut mieux demander le prix avant c’est une question de feeling).  La Jetty c’est pour aller à Ross Island., une petite ile juste devant Port-Blair, qui a un passé intéressant: bastion Anglais pendant la colonisation du Raj, prise pendant la deuxième guerre mondiale par les japonais, abimé par un tremblement de terre en 1941 et récemment partiellement détruite par le Tsunami de 2004, c’est d’ailleurs elle qui a protégé la ville de Port-Blair.
Des touristes Indiens se déplacent, très peu d’occidentaux qui ne voient que par les plages d’Havelock et pourtant dès les premiers mètres tu sens que cette ile mérite le déplacement; un ancien bâtiment Britannique en briques rouges à l’état de ruine est envahi par les racines d’un Banian, des écureuils gambadent partout et un troupeau de cinquante têtes de mignons daims pas du tout effarouchés occupent les lieux.
L’ile doit faire deux kilomètres par moins d’un et une colline de vingt à trente mètres de haut occupe la majeure partie de l’ilot, la cote face à Port-Blair est plate et rocheuse, la cote Est,  plus abrupte,  a été fortement touchée par le Tsunami.  La falaise a été mangée et de nombreux arbres et cocotiers déracinés gisent la tête dans l ‘eau.
En marchant tu découvres un sujet photo auquel tu ne t’ attendais pas, un sujet que tu traques souvent en Inde : les racines de Banians. Elles sont ici énormes et à profusions, elles prennent d’assaut les ruines, il y a quelques chose de monstrueux et de rassurant; toute cette végétation qui reprend ses droits, dans ce paysage.  Un petit coté Ankor, le sacré en moins.
Tu passes la journée à courir comme un enfant qui attend ses cadeaux le jour de Noel, excité,  tu quittes un arbre fabuleux pour en trouver d’autres encore plus fous quelques mètres plus loin. Le bouquet final vient en fin de journée où tu découvres caché dans la jungle l’ancien bungalow de commandement (enfin ce qu’il en reste), trois énormes racines ont pris possession des ruines, un bel escalier mène au site.




















































Mardi 3

Un charter d’Israéliens chantent et jouent de la guitare jusqu’à deux heures du matin, c’est la chambre juste à coté…No coment!
Vers dix heures trente tu pars visiter le musée de la marine; cinq salles, une belle galerie de coquillages avec un bénitier gigantesque, un aquarium lamentable, il est interdit de prendre des photos, mais des photos de quoi ?… de petits crocodiles en plastique qui font des bulles en ouvrant la gueule ou deux  trois malheureux poissons et une minuscule langouste qui se cache derrière un caillou. La seule chose qui retient ton intérêt c’est un documentaire qui passe en boucle sur un téléviseur, on peut y voir des images des premiers contacts avec les tribus indigènes des Andamans.
Tu retournes dans Aberdeen Bazar pour déjeuner, tu tournes un peu en rond cette veille de départ. Le temps est lourd, des nuages orageux traversent le ciel, tu passes l’après-midi dans ta chambre d’hôtel.
A dix sept heures juste avant la nuit il est plus facile de marcher dans les rues, tu achètes quelques Moon Shell ou Shivaï ( des opercules de coquillages), ils sont de belles tailles.  La surface plane et dessinée de la spirale est teintée marron foncé. A dix neuf heures tu te retrouve au bar-restaurant près de l’aquarium, pour ta dernière soirée dans les iles tu t’offre deux belles crevettes tigre au barbecue; un régal.




ARTICLE 5: CALCUTTA retour des Andamans - Publié à 09:34, le 6/04/2009,
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Mercredi 4
Journée d’attente et de transport, le vol pour Kolkata part à onze heures et demi, au contrôle on te fait sortir tout ton sac photo pour un morceau de métal introuvable du coup tes pellicules passent deux fois au scanner à bagages… Mauvais! Au décollage, entre deux nuages tu peux suivre la cote des Andamans puis c’est le grand bleu. Deux heures de vol contre trois jours et demi de navigation, c’est moins romantique mais quand même plus rapide.
Plus tard la mer se teinte de zones de bancs de sable, c’est les Sunderbans avec les beaux méandres du delta du Gange et déjà l’avion perd de l’altitude pour atterrir dans la poussière de l’Inde au Netaji Bose international Airport.
Un taxi jaune t’emmène à Sudder street.  avant de filer au Modern Lodge tu veux visiter d’autres hôtels mais après une heure de recherche où tu ne trouve que des chambres minuscules ou crasseuses, tu te rabat finalement au Modern Lodge. Malgré sa décrépitude il n’y a pas d’égal dans le quartier, son toit bien qu’un peu chaud à la saison est toujours aussi accueillant. Tu retrouves Lydia et micha les polonais, ils sont encore à Calcutta pour quelques jours ils auront passés presque trois mois ici Lydia termine son programme éducatif auprès des enfants de Mother Teresa house.

Jeudi 5
Onka le petit cireur de godasses ne supporte pas de voir les chaussures sales, il se promène dans Sudder Street avec sa petite boite en bois ; deux casiers contenant des crèmes, deux tiroirs pour les boites de cirages et un compartiment pour le chiffon et la brosse supplanté d’une cale en pente pour placer son pied. Pour vingt centimes d’euros il vous refait vos chaussures toutes neuves et s’il tombe sur un nouveau touriste il lui propose un prix au choix du voyageur, il est souvent gagnant ! Même les chaussures en plastique il les cirent.  Le seul problème c’est qu’ici , après une heures de marche sur les trottoirs, tout est à refaire.
Tu passes un bon moment à l’Internet Café pour mettre à jour ton blog. A seize heures dans la chambre, le fan tourne à fond, il fait trente deux degrés!



Vendredi 6 / Samedi 7  mars

Calcutta c’est un peu comme si tu revenais à la maison, tu t’y sent bien malgré les trente-quatre degrés au soleil mais, autant dire que tu ne sorts pas beaucoup. Vendredi tu t’es quand même fait la tournée des galeries d’arts de Park , Camac street et Shakespeare Sarani. Bonne surprise dans deux d’entre elles: Bose Pacia dans Stephen Court, un très bel espace, lumineux, haut de plafond et murs blancs. Belle découverte aussi à la Gallery 88: une jeune artiste, Amindita Dutta vit au USA, elle a étudié à l’Université de Rabindranath Tagore à Shantiniketan, une belle installation de sculptures textiles cousus représentant des os de bassin mixés avec des vidéos, photos et encres sur papier…très organique et une belle réflexion sur le concept de la naissance.
Les soirées se passent au frais sur le toit du Modern Lodge. Samedi matin tu achètes sur le marché aux poissons un kilo de crevettes tigres des Sunderbans pour se faire un dernier bon repas avec Lydia et Micha, tu prends aussi quatre kilos de glace pour les conserver jusqu’à ce soir.
Demain tu comptes partir pour Canning; premier village des Sunderbans Est, près du Bangladesh. Tu passes au West Bengal Tourism Office qui t’annonce qu’il n’y a plus besoin de permis pour visiter cette zone et tu n’en apprend pas plus concernant l’hébergement, le bureau n’est là que pour vendre des tours Opérators et faire des réservations d’hôtels gouvernementaux. Voilà comment on perd une demi-journée à Calcutta mais tout n’est pas perdu tu as quand même fait quelques clichés dans les rues.
Après-midi: balade de la station de métro Kalighat jusqu’à Rabindra Sadan en remontant S. P. Mukherjee road en t’arrêtant au Seagull Art Center pour voir une exposition de photographies de Marc Ribout. Bel accrochage de tirages des années cinquante et soixante, bel espace aussi avec un bon éclairage et un plancher en bois.
Retour au Modern pour préparer votre repas et cette bonne ventrée de crevettes, soirée arrosée, couché tard, tu reportes ton départ pour Canning à lundi.

ARTICLE 6: LES SUNDARBANS partie Est - Publié à 07:23, le 5/04/2009,
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Lundi 9 mars

Ce matin tu quittes tes amis polonais pour la seconde fois. Tu prends un taxi pour Sealdha, la gare pour partir vers l
Est et le Sud Est, tu grimpes à onze heures trente dans un train de banlieue qui sent le poisson.

A treize heures tu débarques sur le quai de la gare de Canning, tu te fais mal comprendre par un rickshaw qui temmène demblée au bout dune digue dun petit kilomètre de longueur qui se termine par un escalier menant au fleuve, tu lui fait signe que tu cherches un endroit pour dormir, demi tour pour le centre du petit bourg, il tarrête à lhôtel Mamata, tu nen a pas vu dautres il est situé au dessus de la Bank of India, lescalier est encombré par des indiens qui font la queue comme dans toute les banques Indiennes. Ton étage est plus calme. Un Papi te fait visiter une chambre assez grande pour coucher quatre personnes ou quatre familles Indiennes ; trois fenêtres, une table, deux chaises. Ce nest pas la peine de courir ailleurs ! Tu remplis les papiers, le prix monte avec cinquante roupies de plus pour le bakchich, Papi texplique que tu peux lui demander ce que tu veux.Il fait bien chaud aujourd hui et tu commences par prendre une douche, à trois heures tu manges du riz et du mouton dans une gargote de rue, plus loin tu tarrêtes dans une pâtisserie pour finir sur une note sucrée. Tu pars en visite, à cette heure les rues sont calmes et tu entres dans un beau bazar. Canning est la porte dentrée des Sundarbans, la marchandise arrive de Calcutta et est revendue et dispatchée à dos dhommes dans les villages reculés. Beaucoup de corderies et du matériel de pêche, tu achètes des petites navettes en bambou pour réparer les filets et un bout de corde.. Les habitants sont charmants et veulent tous que tu les photographies.

 La nuit est tombée, Canning est noire de monde ; piétons et cyclistes, les véhicules à moteur ne sont pas encore en nombre. Tu achètes des fruits pour ton repas, de leau, quand tu rentres dans ta chambre, il fait trente quatre degrés huit, létuve, tu ouvres en grand tes trois fenêtres et après une heure cela redescend à trente et un huit, cest quand même plus raisonnable!

 

Vers seize heures tu prends la direction de la jetée pour en savoir un peu plus pour la suite, au bout, la marée est basse et des centaines dindiens traversent la rivière à gué, dabords les pieds dans la vase et ensuite leau jusquà mi-cuisse, quelques barques font le passage pour les moins téméraires. Tu vois deux bateaux pour touristes, ils sont échoués mais aucun renseignement concernant Basanti le village que tu avais visé. Le mieux est peut-être de te renseigner dans une des nombreuses petites agences de voyage qui sont autour de la gare. Dans lune dentre elle un homme tinforme : Tu dois traverser la rivière en face prendre une moto tricycle à plateau pour rejoindre Basanti, tu pensais pouvoir y aller en bateau mais apparemment ce nest pas possible, à voir demain quand les bateaux à touristes flotteront

 

 

Mardi 10 mars

A minuit panne délectricité ce qui implique une attaque de moustiques, tu pulvérises ton corps dOdomos, good smell! A deux heures cest le déchargement et chargement dun camion de marchandises juste sous ta fenêtre, léquipe au travail parle à tue tête.

Réveil à sept heures, tu libères ta chambre pour quitter Canning, en premier lieu rejoindre le fleuve, le traverser à marée haute les barques approchent bien lescalier. Sur la rive opposée tu prends un rickshaw moto à plateau pendant quinze kilomètres, à Sonnakhali tu changes de moto pour rejoindre Gath Kali, encore quinze à vingt kilomètres dans une belle campagne de rizières vertes et de petits villages. Tu es secoué comme un prunier, cest un motomassage plutôt rude.

A Ghat Kali des bateaux pour touristes t’annoncent leurs tarifs rédhibitoires : neuf cent roupies pour deux heures de navigation afin de rejoindre lentrée de la réserve ou deux mille pour une journée de balade sur les fleuves. Tu prends finalement une barque locale pour Gosaba qui est juste en face et qui ne te coute que deux roupies.

Gosaba à l’air dun village sympathique au premier abord, situé en bordure du fleuve Bidya. Tu trouves une chambre un peu chère mais aérée avec trois fenêtres, une table et des chaises, parfait pour passer deux jours et attendre la fin des hostilités de la fête de la Holi qui commence se soir jusquà demain midi. En attendant lendroit parait calme, pas de véhicules à moteur, juste des rickshaws vélo à plateau qui empruntent lunique petite route. La ruelle principale longe le fleuve, dautres plus petites rejoignent de petites jetées où les barques prennent des passagers.

Tu te promène toute l’après-midi en longeant la rivière, la marée baisse, une vielle traine son filet à crevettes le long de la vase, les pêcheurs livrent leurs prises au grossiste. La campagne est tranquille cest un vrai bonheur dautant plus que, pour marcher le ciel est couvert et il ne fait pas trop chaud.

La Holi Cest la fête du printemps, le soir de la pleine lune des grands feux sont allumés et de minuit à midi le lendemain il se passe une véritable guerre de couleurs. Dans certaines villes saintes comme Bénarès ou Mathura il est déconseillé aux touristes étrangers de descendre dans la rue à moins daimer avaler des couleurs chimiques et toxiques, certains pigments sont mélangés à lamiante pour mieux briller et les Indous fanatiques passent leurs violence sur les pauvres occidentaux.

Dans les petits villages c’est parait-il plus gentil, tu verras cela demain matin de ta fenêtreRetour à la chambre à dix sept heures trente, il fait vingt huit degrés décidément Gosaba est un endroit qui te plait.

Retour au village trois grosses barques livrent une cargaison de briques qui sont aussitôt chargées sur des vélos à plateaux. Ce soir à tous les coins de rues les marchands vendent des pigments de couleurs et des pompes à eau en plastique ; La Holi se prépare, pourras-tu sortir demain matin ? Dans le doute tu fais des provisions de bouche.

 

 

Mercredi 11 mars

La nuit a été tranquille, rien à voir avec la Holi des villes saintes; quelques clameurs denfants jouant et ce matin une poignée dadolescents barbouillés de couleurs, ici la fête du printemps se passe tranquillement, il ny a pas détat de guerre ! Il est vrai que Gosaba compte beaucoup de chrétiens et la fête passe quasiment inaperçue.

Tu prends des informations pour louer un bateau afin de visiter la réserve, on te propose un package: bateau, boat men, cuisinier, aide cuisinier, guide, repas compris avec deux nuits à Gosaba, entrées dans les lieus de visite, le tout pour cinquante cinq euros, cest cher pour linde mais tu as compris que si tu voulais visiter lendroit il fallait en passer par là, difficile déviter le business, il y a une vrai mafia sur les tours dans les Sunderbans.

En fin de matinée la marée est haute, tu en profite pour dessiner le port commercial de Gosaba, plus loin deux femmes trainent des filets à crevettes.

Laprès-midi tu marches sur la route de Pakliralaya, tu ne croise que des vélos, aucun bruit cest vraiment très calme, quelques fermes, de petites églises. Retour en ville avec la nuit qui approche, tu retournes vers les jetées. Maintenant cest la basse mer qui offre un paysage tranquille sur les méandres du grand delta.

Vingt heures trente ; Un des meilleurs moments de la journée, la douche du soir qui fait rejoindre au corps la température ambiante.

 

 

Jeudi 12 mars

Tu es réveillé par les rickshaws décidément très bavards à Gosaba. A sept heures tu quittes le Raja pour déménager au Suryatapa hôtel qui ta préparé ton tour opérator dans les Sunderbans. On embarque une grosse bouteille de gaz, une cuisinière deux feux et les provisions. Vers neuf heures vous quittez Gosaba à bords dune pirogue de huit mètres aménagée pour le transport de touristes, léquipage comprend deux hommes pour le bateau, le cuisinier avec un adolescent pour le service.

Vous prenez la rivière Bydia vers lEst en direction de la frontière Bangladeshi, cest aussi le sens du courant de la marée baissante et il y a bien quatre à cinq nœuds de bouillon, le vent de face lève un petit clapot. Pendant trois heures la pirogue sillonne les méandres du fleuve longeant les digues de boues qui cachent tout un monde rural et des rizières dun vert éclatant. Vous croisez beaucoup de pirogues de pêche encrées dans le courant, devant elles des grands filets bleus capturent les crevettes, il y a aussi des femmes seules sur leurs barques.

Vers midi avant de pénétrer dans un large fleuve, stop à un point de contrôle car vous avez besoin dun permis pour continuer mais la police interdit toute navigation touristique pour cause de vent et de vagues importantes, la balade vers lEst sarrête là. Vous faites demi-tour cette fois le courant est de face en faisant route plus Sud pour rejoindre Saznakhali, lentrée de la réserve et de la forêt de mangroves. On te sert un repas pantagruélique que tu savoures devant ce magnifique paysage qui défile sous tes yeux.

A Saznakhali le prospectus de lagence parle dun musée, dune ferme de crocodiles, dun bassin de tortues et dune tour dobservation doù tu devrais apercevoir des tigres, des sangliers, tu naperçois quun varan de belle taille qui nage rapidement, deux daims et trois singes.

Avec un nouveau passager; un guide vous repartez au son du teuf teuf qui pétarade , ce nest peut-être pas le meilleur moyen pour approcher les animaux sauvages!

Vous longez doucement la forêt de mangroves jusquà Sudhanyakhali une autre tour dobservation et une plantation de diverses espèces de pousses de mangroves, du haut de la tour un tour opérator dIndiens espèrent voir un tigre mais le silence ne se fait pas, un enfant pleure et les discutions sont trop bruyantes. A quatre cent mètres tu peux voir une famille de daims, un coq sauvage et un aigle pêcheur .

Le retour sur Gosaba est magnifique, la marée bien basse laisse apparaître de belles pentes de boues luisantes, le soleil descend et les méandres de la rivière offrent des contre-jours somptueux. Vous arrivez à Gosaba à la plus belle heure quand le soleil a laissé place à ce ciel dun beau dégradé. A lhorizon de fines cotes dessinent un paysage paisible.

 

Vendredi 13 mars

Deuxième journée sur le bateau, les journées se suivent et se ressemblent mais ces balades au cœur du delta du Gange pourraient durer une semaine sans que tu ten lasse. Le départ est donné à neuf heures. Vous prenez le chenal vers la gauche en quittant Gosaba, le soleil est déjà haut, la lumière écrase un peu le paysage mais donne une dimension gigantesque à ces grands espaces; Vous remontez doucement le courant jusquau premier arrêt : Dobaki un point dobservation de tigre avec son mirador. Vous ne voyez toujours pas de félin mais cette fois vous lentendez plusieurs fois rugir, il se cache à cinq cent mètres dans lépaisse forêt de mangroves, un autre bateau arrive, les passagers font du bruit, ce nest pas ici que vous verrez des animaux

En milieu de journée vous empruntez plusieurs rivières sinueuses, la marée est haute et la mangrove est sous leau, seul émerge les têtes darbres, plusieurs arrêt sur des tiger points mais point de tigres, quelques daims, peu doiseaux ( les migrations sont passées) pas de crocodiles qui se cachent dans les profondeurs, du haut des tours tu ne vois que des crabes! Toi, tu ten fiche un peu des tigres, certes lanimal doit être spectaculaire mais les paysages du pays des marées sont si beaux que tu ten contente largement, seul le guide aimerait que tu en voit un cela justifierait peut-être un plus gros bakchich en fin de journée. Tu taperçois dailleurs que ce guide connait parfaitement son livre contenant des informations sur la faune locale, il à lair de connaître lAnglais mais quand tu cherches à discuter avec lui, sorti du contexte, il répond à coté, tu soupçonnes quil ait appris son livre par cœur!

Au fur et à mesure que la journée avance, la marée baisse ainsi que le soleil, cest surement le plus beau spectacle : A contre-jour un paysage en noir et blanc sur les boues luisantes, dans la lumière la vase se teinte de rouge. Tu admires ce patrimoine en pensant au plaisir que cela doit être de voir ce film défiler en silence car le moteur du bateau gâche un peu le plaisir, tu imagines le bonheur de naviguer à la rame ou à la voile, ton guide tapprend quune petite pirogue de pêche de six mètres coute quatre mille roupies, ce nest pas très cher et peu être un bon moyen de visiter le delta avec ses propres moyens et plus lentement mais les courants sont si vifs quil faut avoir une bonnes connaissance du territoire.

La fin de la balade approche, tu distribues un bakchich à tout léquipage, les angoissent disparaissent pour laisser place aux sourires rassurés, tu imagines que tu as peut-être doublé la maigre paye en rajoutant à chacun un billet de cent roupies. Le bateau accoste Gosaba au moment du couchant, lheure magique en Inde et particulièrement merveilleuse dans les Sunderbans.

Dès ton retour à lhôtel, le manager te tombe dessus, sinquiète de savoir si tout sest bien passé, si tu es content puis te demande de régler la somme due et souhaite un supplément pour le droit à photographier, tu lui fait remarquer que seul la vidéo est payante dans la réserve et quil a déjà économisé cinq permits pour la frontière du Bangladesh, déçu, il commence à pleurer sur son sort et sa condition de pauvre Indien. Tu lui fait comprendre quil possède quand même un hôtel, quil organise des tours et que sa condition est surement meilleure que celle du personnel quil emploie, il y a surement plus à plaindre que lui en Inde, il est daccord avec toi mais il a quand même essayé den prendre un peu plus. Tu verras si le repas sera aussi bien servi ce soir!

 

 

Samedi 14 Mars

Pas de problème, le repas fut bon et le petit déjeuner copieux: parathas, haricots rouges du Kashmir en sauce, chai et pâtisseries.

Neuf heures tu te rends sur le port et prends une barque locale pour rejoindre Sonakhali: une heure et demi de balade en barque qui te font éviter une heure de motomassage. A cette heure; beaucoup de courant, la barque frôle les berges pour garder de la vitesse, a chaque carrefour de fleuves les courants se rencontrent créant de forts remous avec des tourbillons, la pirogue s arrête plusieurs fois pour déposer et prendre des passagers.Au débarcadère de Sonakhali un vélo rickshaw t’emmène à la gare de bus, un véhicule est prêt à partir pour Kolkata, tu trouves deux places à larrière.

Deux heures et demi te sépare de la capitale, quatre vingt kilomètres dont trente de belle campagne du Sud-Est Bengale suivi de trente autres de paysages aquatiques; la route est entourée d’eau, de bassins d élevages de crevettes et de pêcheries. Beaucoup dhabitants aussi, lInde en nombre! Les quarante derniers kilomètres se partagent entre les petites villes poussiéreuses et bruyantes et la banlieue Est de Calcutta marquée par des montagnes de détritus et, en bord de route des entrepôts de recyclage des déchets de la grande ville. Plus loin tu aperçois Tangra la nouvelle extension immobilière de Calcutta; le jardin géant de Salt Lake City et les quartiers daffaires modernes. La fin du parcours c’est la pénétration par lEst dans les vieilles rues aux bâtiments coloniaux, le bus saute et bondi sur les ralentisseurs quil ignore, tu décolles de ton siège en te dévissant le cou, tu passes devant la gare de Sealdha et tombe en terrain connu, tu anticipes la descente avant le terminus et tu sautes en marche à la hauteur du New market, te voilà chez toi. Tu reprends ta chambre sur le toit du Modern, Lydia et Micha sont partis avant-hier pour Bodh Gaya, Ellie le Suisse est encore là.

Tu files au Khalsa pour te restaurer, le petit artiste fou te suit, tu lui paye un repas, il dessine à toute vitesse sur des pages de quotidiens déjà imprimés, des têtes apparaissent, tu pars lui acheter un carnet à dessin de feuilles vierges qu’il range soigneusement dans son grand cabas de foutraille, peut-être demain les quarante pages seront remplies, tu essayeras de voir ça

Quelques courses au New Marke t: Des mangues, du fromage de Kalipong, du pain et des tomates pour changer des repas de riz. Devant le marché des boutiques de produits artisanaux sont montées, tu achètes une palme gravée de la région de Puri dans l’état dOrissa, le travail est dune magnifique finesse, tu choisis des représentations de Ganesh ton Dieu préféré. A seize heures ; arrêt au stand chai shop suivi dune bonne douche pour te dépoussiérer après ce trajet de bus. La température à Calcutta est plus clémente que la semaine dernière; il parait quil y à eu un gros orage deux jours avant, à dix neuf heures il fait vingt quatre degrés sur le toit, avec une petite bière cest un des bons moments de la journée.

 

 

 

 

 

 

 


ARTICLE 7: CALCUTTA la fin du voyage - Publié à 05:50, le 5/04/2009,
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Dimanche 15 mars

Comme un dimanche tranquille, rien à signaler, la vie du quartier, lessive, courrier.

 

Lundi 16 mars

La température s
est stabilisée, le temps nest pas trop chaud avec un ciel couvert. Après ton petit déjeuner, tu saisis tes textes et perds une heure et demi au café Internet à essayer de télécharger des images ; le site Uniterre rame un peu ce matin Tu laisses tomber pour le moment.

Laprès-midi, petite séance de poste, tu fais la queue, les Indiens essayent de te passer devant, habilement avec un sourire tu reprends ta place. La fonctionnaire derrière le guichet est dune lenteur exaspérante, sans arrêt déconcentrée par dautres préposés, elle met dix minutes pour taper une adresse sur son vieil ordinateur. Quand arrive ton tour on te dit que tu nes pas dans la bonne file dattente, celle qui te concerne, la file des envois ordinaires, est heureusement libre. Une autre fonctionnaire à moitié endormie pèse tes lettres ; une pour la France une autre pour le Bengale, en inscrit le montant sur lenveloppe, tu reprends une file pour acheter les timbres à un autre agent des postes légèrement simplet. Pour coller les timbres il faut venir avec son tube de colle, une Indienne te prête le sien. Tu taperçois que la lettre pour lInde est plus chère que celle pour lEurope, tu retournes au guichet précédent mais sans técouter lendormie tamponne tes deux lettres, trop tard, quand elle se rend compte de son erreur, a voir la tête quelle fait en imaginant la complexité de la suite tu fais un signe dabandon quelle comprend rapidement avec soulagement. A pied tu rejoins Ho Chi Minh Sarani au sud de Park Street pour aller voir une exposition de photos dAlain Danielou un Français Indianiste notoire (cest peut être grâce à lui que tu voyages en Inde!) Lexposition se passe au Centre Culturel Rabindranath Tagore, l ICCR ( Indian Council for Cultural Relations) un bel immeuble tout neuf. Malheureusement les photographies sont des reproductions avec des dominantes chaudes ou carrément bleues mais ce sont des beaux clichés de Bénarès, de musiciens comme Ravi Shankar tout jeune ou de yogis. Pendant ta visite tu te fait mitrailler par deux journalistes photographes qui devaient attendre depuis des heures que quelquun entre. Ils se présentent comme photographes de lIndian Express et te demande de poser en prenant une photo de lexpo avec ton Rolleiflex, ils tiennent un scoop: un Français utilisant le même appareil que celui de Danielou

Tu rentre par Russel street, Park street et Chowringee où tu pénètres chez un opticien, tes vieilles lunettes achetées à Bénarès en 2005 sont cassées et tu lis avec des loupes depuis six mois. Tu refais un examen pour deux euros, la monture et les verres seront prêt demain pour vingt euros.

Sur le toit du Modern Lodge, à la fraîche, une majorité de Français. De retour de Thaïlande; un couple marseillais avec un enfant de huit ans, un autre couple avec lequel tu discutes toute la soirée sont partis de Roumanie pour la Russie, la Mongolie ( ça à l
air dêtre un voyage épuisant; en Jeep sur des mauvaises pistes pendant des journées entières), la Chine, Le Laos, le Bangladesh où les conditions de voyage nont pas lair triste non plus; ils ont été observés pendant des heures et surveillés comme des animaux rares. A coté Calcutta leur parait être un havre de tranquillité.

 

Mardi 17 mars

Dix heures, l
objectif daujourdhui: développement des films One twenty size (moyen format), depuis ton dernier voyage, tu préfères développer tes films en Inde, les passages successifs dans les scanners daéroport laissent quelques fois des traces de voilage sur la dernière vue du film. Tu entres sur Chowringee dans plusieurs boutiques mais les indiens se sont mis au numérique et les moins fortunés sont resté au 24 X 36. Dans une boutique on tannonce que ce nest pas possible... Mais peut-être combien de films ? Vingt bobines cela devient possible! A trente cinq roupies le film cest très intéressant, on tassure que le labo est bon, tu conclues laffaire. Au moment de payer, il y a erreur, ce nest plus trente cinq mais soixante, ils avaient sans doute oublié leur marge mais le tarif reste plus avantageux quau Bombay Photo Store.

après-midi cest au tour du noir et blanc, pour cela tu as une vague adresse dun bon labo qui tavais développé des bobines le mois dernier par lintermédiaire de Thomas Kiernan le photographe Anglais, tu as le nom de la rue et du photographe mais pas de numéros.. Le laboratoire se trouve au niveau de la station de métro Kalighat, il faut prendre Rashbiari Avenue sur un kilomètre et trouver la petite rue dAshwini Dutta road, une fois sur place on te renseigne et daprès le nom tu trouves le laboratoire au fond dune cour. Demain après-midi tes films seront prêts.Tu pars un peu au sud, la Birla Académie of Fine art est à un quart dheure de marche, on peut y voir des expositions temporaires dartistes Bengalis, rien de transcendant mais quelques belles petites choses à savourer.Retour par le quartier des belles maisons de style coloniale, la pluie dorage de la semaine dernière a lavé les feuilles darbres et la rue est verte et ombrée. Tu prends le métro jusquà Park street, tu prends au passage tes nouvelles lunettes, fais trois courses au New Market et finis ta journée sur le toit de lhôtel en compagnie des Français.

 

Mercredi 18 mars

 

Matinée entre Internet et du travail de flute dans la chambre. En début d
après-midi tu pars rechercher tes développements, tout est bon à part une petite trace sur la dernière image dun film de quatre cent  ISO du au scanner de laéroport de Port-Blair. On te donne une nouvelle adresse pour la couleur: chez Bourn & Shepherd dans S N Banerjee road.

Tu reviens à pieds en remontant vers le Nord, tu traverses des quartiers tranquilles en photographiant. Tu croises lancien marché ce Calcutta et après une demi heure de marche tu te retrouves face au Forum dans Elgin Street, encore une heure de marche pour arriver sur Park Street. Un petit crochet pour aller photographier ce banian peint en blanc, un homme est allongé juste devant, tu nen demandais pas tant!. Dans ton quartier tu entres dans un magasin de musique pour tester une « Tempura Box », un boitier électronique reproduisant le son de la tempura; un instrument d' accompagnement de musique classique indienne. On peut régler les octaves, créer des accords majeurs, mineurs ou de Septièmes, lobjet coute dans les cinq milles roupies.

 

Jeudi 19 mars

Vers quinze heures deux taxis refusent de t
emmener à Lal Bazar pour cause dembouteillage monstre, mais aujourdhui, à cette heure, le soleil est très fort, marcher ne temballes pas trop! Un rickshaw Whala qui a observé la scène propose de ty emmener, cest dur de voir un homme entre deux brancards de carriole mais cest sur: il a besoin dargent et puis tu tindianise après un mois entier à Calcutta; tu optes pour cette solution.

Coté confort ce nest pas la banquette molle de larrière dune Ambassador, tu est secoué comme un prunier par contre tu est assis à un mètre cinquante du sol et tu domines un peu la scène de la rue et tu te trouves largement au dessus des voitures, plus loin des pots déchappements. Vous remontez Sudder street, Hard Fort lane, longez le New Market par la droite du coté de la halle à poissons. Ton homme trottine puis s'arqueboutte sur ses brancards pour freiner lattelage, son grelot frappe le bois; la foule sécarte un peu et il prend Madan Street en sens interdit en évitant les véhicules prédateurs qui arrivent en face. Le carrefour de Lénine Sarani est assez « chaud », à la hauteur de la station de métro Chandni Shawk il faut traverser une large avenue, elle, dans les deux sens, un flic à demi asphyxié tente de résorber lembouteillage, les bus ne laissent que deux centimètres entre eux, même les piétons sont bloqués mais ton homme réussi à se faufiler à coup de grelots et de cris. Une rue transversale assez tranquille t emmène à Bentick street; le début de Lal Bazar. Cest sur quà certaines heures et saisons, notamment quand les pluies de mousson emplissent les rues, le Rickshaw Whala est le plus rapide. Tu règles ta course avec un petit plus, lhomme est content.

Tu es venu dans ce quartier où sont centralisés la pluparts des magasins de musique, tu en visite quatre ou cinq, on te conseil fortement la marque Radel, un nouveau modèle vient de sortir le son est bon et les possibilités de réglages sont assez complète, tu tarrêtes là-dessus, tu négocies un peu le prix, les papiers de garantie sont remplis et soigneusement tamponnés, un sticker du magasin est collé sur ton instrument.

Tu repars à pieds, lembouteillage à plutôt empiré, la température na pas encore baissée et limmense foule se croise sur les trottoirs défoncés.Tu arrives dans ton quartier en nage, t arrêtes au chai shop avant descalader les hautes marches du Modern Lodge.

 

Vendredi 20 mars

Visites de galeries darts, en final, une belle exposition de sculptures en bronze avec quelques pièces de tailles importantes.

 

Samedi 21 mars

Le matin tu travailles à quelques aquarelles de Ganesh, tu sens que le carnet de voyage se termine, bien sur Calcutta peut révéler encore quelques surprises

 Tu rencontres un vendeur de Limules, daprès ce que tu peux comprendre, de cet animal préhistorique seul la pointe est vendue en morceaux à des fins médicinales, le crustacé est rejeté à leau car il peut vivre plus dune journée sans eau. Cet animal est toujours lobjet de curiosité et un groupe dIndiens observe la scène.

Tu pars chercher tes négatifs couleurs sur Chowringee, le vendeur prend ton reçu et te demande une semaine de délai supplémentaire, sous le comptoir, tu aperçois ton sac de pellicules qui na pas bougé depuis ton dernier passage. Tu récupères tes films et ton acompte ; ça, ils naiment pas redonner de largent ! Mais cette boutique nest pas sérieuse. A deux pas tu entres chez Bourne & Shepherd une grosse boutique dépositaire de la marque Nikon mais ils ne peuvent développer que les Ektas, cest bon à savoir mais ce nest pas ce que tu cherches. Tu nas plus quà te rabattre sur Bombay Photo Store à Park Street et reprendre une demi heure de marche sous le soleil qui tape bien. Au Bombay Photo Store le patron nest pas là, son opérateur de prise de vue muni dun Nikon digital regarde dédaigneusement tes rouleaux dun autre âge et tannonce quils ne font plus ce format, tu lui rétorque que le mois dernier ils le faisaient il appelle le patron et tout sarrange, tu bénéficies même dun meilleur prix, il ne se rappelle plus combien il ta fait payé la dernière fois, aujourdhui cest soixante douze contre quatre vingt dix le mois dernier.

A dix huit heures vous partez avec Ben, le Français rencontré à Havelock aux Andamans, pour écouter un concert gratuit de musique classique Indienne. En métro jusquà Kalighat puis une bonne heure de marche temmène dans un quartier que tu ne connais pas, à voir les voitures; Audi dernier modèle, 4X4 Japonais de prestige et même quelques Logan, tu te trouve dans un quartier très riche. Des promeneurs de chiens baladent des chiens loups muselés ou des Labradors. Le Ramakrishna Institute est un beau bâtiment massif, la salle de concert est climatisée, sur scène; Ganesh Mohan un excellent sitariste échange des phrasés de Raga avec un joueur de sarod et un joueur de tablas. Le concert dure une heure et demie tu en aurait bien pris une heure de plus.

 

Lundi 23 mars

 

A dix sept heures : coup de vent dorage avec une pluie qui dure trop peu pour rafraichir Calcutta, les trottoirs en travaux deviennent glissants. Tu récupères tes films développés, dix neuf sont impeccables seul un des films 6 X 9 cm. est entièrement surexposé et irrécupérable, il y a eu erreur quelque part, il y a toujours un risque à travailler avec les Indiens surtout quand il y a des intermédiaires!!! A dix huit heures trente tu te rends à la Galerie Bose Pacia qui ta envoyé une invitation par e-mail pour le vernissage. Une jeune artiste de Baroda expose quatre toiles et une grande installation au sol représentant une ville Indienne en fer blanc recyclé.

 

Mardi 24

 

Le temps est toujours aussi lourd, trente neuf degrés dans la journée ! Laprès-midi tu vas rendre visite à Chitrabani, une école dart visuel qui possède des archives photographiques noir et blanc des années soixante à quatre-vingt. Gentiment Mr Thomas te laisse laccès aux tiroirs contenant des milliers de tirages référencés par sujet. La plupart des prises de vues ont été faites à Calcutta et au Bengale, les cadrages sont superbes. Cette année tu ne peux pas commander de tirages car un jeune est en train de scanner lensemble de la collection. Tu apprends quune exposition est en préparation à Londres, tu espères quelle sera itinérante dans quelques villes d Europe.

 

Mercredi 24

 

Tu te réveille épuisé, la température na pas baissé de la nuit et tu tes pris plusieurs suées, dhabitude cest plutôt fin avril quon rencontre ces chaleurs mais comme cette année il ny a pas eu dhiver à Calcutta il fait déjà exceptionnellement chaud. Beaucoup de touristes ont désertés la ville pour se réfugier en montagne, les quelques restant sont ici pour séjourner un ou deux jours et prendre un avion .Tu abandonnes le projet daller deux jours à Shantiniketan, il ne te reste que six jours à passer en Inde et avec cette chaleur tu vas faire doucement les derniers achats et dérouler quelques films.

Déjeuner au Khalsa, c’est devenu ta cantine, les plats sont variés, les sauces bien cuisinées, le débit est tel que la nourriture est toujours fraîche, ce n’est pas cher et le personnel rapide et attentif. Le patron Sikh mène son restaurant comme une garnison militaire et exige un maximum de tenue, il a l’œil sur tout et un ordre est lancé des qu’un grain de riz traine sur une table, l’apprentissage se fait quelque fois avec une ou deux baffes mais ce n’est jamais méchant.

Après ce repas, tu comptais cavaler vers Kalighat mais comme tous les Indiens, tu t’allonge sous ton fan pour une sieste, à l’ombre il fait trente deux degrés.

 

Jeudi 26 mars

 

Temps orageux et un peu couvert, du coup la température est moins élevée. En début d’après-midi tu rencontre Sona effondré - Oncle, all is finish, all is finish!, il t’apprend que son jeune frère est décédé, tu le connaissait, c’est lui qui t’avais transporté à Nishindapur avec son rickshaw, il faisait vivre toute la famille. Tu t’assoit sur le trottoir avec sa femme et sa mère, que sont-ils venus chercher à Calcutta? Sona ne peux pas te l’expliquer, il pleure et te demande des photos de son frère, c’est terrible; Sona handicapé se retrouve chef d’une famille de huit ou dix personnes.

Quand tu lui demande ce qu’il en est de la réparation de son rickshaw il te dit qu’ avec l’argent que tu lui avait donné il a régalé tout son village, tu pensais lui donner un moyen de gagner quelques sous mais voilà, le temps présent, l’instant a été le plus fort, il a joué au prince en régalant ses voisins, peut-être avait-il des obligations ou des dettes? Mais aujourd’hui il se retrouve à zéro. Cette famille est incapable de construire un semblant d’avenir, tu donnes un billet à sa mère pour palier l’urgence, mais après demain…?

Tu pars sur Elgin street pour t’acheter un beau pantalon de « vernissage » et descends plus bas sur Kalighat fouiner dans les boutiques de bondieuseries autour de Kali Temple. Tu achètes des prasads (les sucreries pour les offrandes), impossible de trouver les petites mèches de coton en forme de spermatozoïdes, il t’en reste un paquet ou deux à l’atelier de quoi couvrir quelques toiles. Tu achète un livre de prières.

De retour dans ton quartier tu te refait faire une deuxième paire de lunettes chez Stephen’s. Un orage éclate et délivre une trop courte pluie mais comme le soleil est déjà couché, la température chute sensiblement et se stabilise autour de vingt huit degrés.

 

Vendredi 26 mars

 

Dominico l’Italien et Ben quittent le Modern Lodge, ils prennent un train ce soir pour Bénarès, le toit du Modern tourne pour de nouvelles rencontres, les voyageurs qui passent ici sont toujours de qualité.

Surprise!, dans la rue tu croises Papi Fernando le toubib Espagnol multilangues et multicartes, il revient d’Indonésie et pense rester quelques temps à Calcutta et repartir pour l’Asie de l’Est… pour business, tu apprends qu’il est en train de vendre trois hôtels en Indonésie.

Comme tous les jour devant le restaurant le Khalsa, Van Bose Gogh, appelons le comme ça, le petit artiste fou t’attend et tous les jours c’est le même cérémonial; il baragouine une phrase incompréhensible qui doit vouloir dire:- Paye moi àmanger, d’un signe de tête tu lui fais signe de te suivre. Il commande toujours la même chose: un coca, un thé, une galette de blé, un morceau de poisson ou du poulet et deux patates. En attendant que son plat arrive, il dessine sur un vieux journal, toujours le même motif: trois phrases calligraphiées, sa bouteille de coca et un portrait qu’il copie sur son journal ou qu’il dessine a vue. Son plat arrive, il se jette dessus et en trois minutes tout est avalé goulument, il sort alors de son cabas un vieux quignon de pain brioché qu’il bourre entre ce qu’il lui reste de dents, le coca et le thé avalé simultanément par-dessus tout ça, c’est fini, dernier baragouinage comme pour s’excuser de te laisser, ou pour te remercier ou bien pour te dire: à demain! Et le lendemain, il sera là à t’attendre, mardi prochain il t’attendra et tu ne sera plus là, mercredi il attendra de nouveau puis recherchera un nouveau « mécène ».

Tu récupères les tirages pour Sona, il te dit qu’il retourne avec sa mère dans son village.

Depuis deux jours tu a attrapé un nouveau rhume avec cette satanée pollution, tu frissonnes par trente quatre degrés et tes jambes ne te portent plus, tu retourne à ta chambre pour dormir.

Le soir, sur le toit: des nouveaux arrivants Français en transit pour le Sikkim à cette saison peu de voyageurs décident de rester à Calcutta, repas avec Fernando.

 

Samedi 27 mars

En fin de matinée tu pars à pieds vers le Nord du quartier en direction de Bentick street et au-delà de Lal Bazar avec pour objectif de faire des photos, tu déroules quelques bobines. Vers quatorze heures de retour sur Sudder street tu te fait faire un tampon circulaire à ton nom, il sera prêt lundi, Inch’Allah…

Petite sieste à l’ombre pendant que les chaleurs augmentent.

 

 

Dimanche 28

C’est bientôt la fin, il ne reste pas assez de temps pour entreprendre quoi que ce soit et tu as cette impression que toutes tes forces partent en coulées de transpirations. Comme un dimanche les rues sont calmes, tu te promène dans le quartier cherchant à photographier des enseignes d’hôtels.

Tu laves quelques affaires pour ton retour, tu joues de la flute sous la chaleur moite, depuis quelques jours une certaine mélancolie s’empare de toi et tu n’as pas fait un dessin.

Vers dix sept heures sur le toit un vent orageux se lève, c’est un vent chaud qui n’arrive pas à refroidir la chambre mais dehors c’est agréable. A vingt et une heures le quartier est au centre de l’orage, les éclairs zèbrent le ciel à l’horizontal, les grosses gouttes tombent et petit à petit la pluie s’installe pendant une demie heure, on peux entendre les clameurs des Indiens heureux. Quelques bourrasques, encore trois ou quatre éclairs et l’orage passe, le calme et la torpeur reviennent, vingt huit degrés au compteur!

 

Lundi 29 mars

Dernière journée du voyage, tu pars pour Park street, Camac st., Shakespear Sarani, AJC Bose road, une longue promenade avec les appareils photo en bandoulière, la pluie de la veille a nettoyé les feuilles d’arbres et Calcutta parait étonnement vert. Tu marches quelques heures et tu t’aperçoit que tu n’as pas une roupie en poche pour te désaltérer, retour sur Park Circus, Park st, la boucle est bouclé!

En fin d’après-midi tu fais tes sacs.

 

Mardi 31 mars

A sept heure un taxi t’emmène pour l’aéroport, Calcutta se réveille dans les quartiers Nord et Est, la lumière est magnifique, le moral l’est un peu moins.

 

 

Pour voir le carnet de voyage au GUJARAT (INDE 2007)

Cliquez sur le lien ci-dessous

  http://clouard.uniterre.com/18486/Carnet+du+voyage+de+Bombay+%C3%A0+Delhi+par+le+Gujarat.html